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Le stéréotype : support de lecture du texte littéraire

Cas des contes du manuel de la  5eme année primaire

 

AMARNI Asma

Université Kasdi Merbah  Ouargla

 

Nous avons choisi l’acte de lecture comme terrain et espace de réflexion et de jugement du fonctionnement du stéréotype dans le champ didactique,  notamment en classe de FLE. A travers notre communication, nous essayerons de démontrer, à partir de l’analyse d’un projet didactique « Lire et écrire un conte » en classe de 5ème année primaire, la manière dont le stéréotype est mis en œuvre comme outil au service de la didactique de la lecture littéraire dans le manuel scolaire.

Nous décrirons tout d’abord la relation étroite entre la lecture et le stéréotype, comment ce dernier peut se révéler utile pour approcher un texte littéraire et quelle place le projet didactique accorde aux stéréotypes

Ce travail convoque la notion de stéréotype dans la pratique didactique du FLE en classe primaire. Tout d’abord, il nous semble nécessaire de donner un petit aperçu sur cette notion.

En effet, dans son acception première, ce terme est issu du champ typographique pour désigner une plaque d’imprimerie contenant une gravure en relief  permettant sa reproduction et son tirage à plusieurs exemplaires. Ce terme technique a fait ensuite un glissement métaphorique en gardant perpétuellement le caractère de figement. Il a connu une migration vers  plusieurs  domaines dont  chacun  l’avait abordé en le redéfinissant dans son cadre théorique propre. Ainsi, le stéréotype est devenu une notion incontournable dans plusieurs domaines : les sciences sociales, les sciences du langage, les études littéraires, etc. Toutefois, à travers ces multitudes acceptions qui résultent de l’hétérogénéité de l’emploi et la diversité des domaines qu’il implique, le stéréotype garde constamment ses critères pour désigner tous ce qui est répété, préconstruit et fixé.

Par ailleurs, pour cerner et délimiter la dimension vague de cette notion, dans son livre  « stéréotype et lecture », Dufays a retenu les critères définitionnels suivants : le stéréotype se caractérise par sa dimension répétitive (sa grande récurrence voire son usure) ; son caractère schématique passe-partout ; son (semi-)figement (il est « reçu », « tout fait ») ; son ancrage durable dans la mémoire collective et le caractère quasi automatique de son emploi.[1]

Pour compléter cette définition, il a distingué les stéréotypes en fonction de leur structure (1994, p.78-100). Ils peuvent tout d’abord relever de l’elocutio, c’est-à-dire fonctionner sur le plan de la structure verbale : on trouve là les locutions verbales, les proverbes, les dictons et les clichés de langage (« il était une fois », ……). Les stéréotypes fonctionnent également sur le plan des structures syntagmatiques (la dispositio) : font notamment partie de cet ensemble les clichés narratifs (la rencontre amoureuse, le mariage du héros), les scénarios stéréotypés (la structure du conte merveilleux, comme l’a définie Propp…), les motifs, les thèmes et les différents genres. Enfin, ils affectent également les structures thématiques, référentielles ou paradigmatiques (inventio), ils se situent alors sur le plan des idées, des valeurs et des représentations

Ces stéréotypes de niveaux différents ne fonctionnent pas de manière autonome, il y a une relation étroite entre ces trois niveaux : un genre évoque différents thèmes et schémas narratifs, et même certaines structures verbales :

« […] la mise en évidence des interrelations entre les codes de niveaux différents favorise beaucoup plus leur apprentissage que la prise en compte isolée de chacun d’eux. Pour être efficace, l’apprentissage des niveaux de compétence lecturale devrait se centrer sur la maîtrise des types et des genres discursifs et sur l’étude de leurs divers aspects, verbaux, thématico-narratifs et idéologiques. »[2]

 

Le stéréotype qui est conçu, dans l’usage courant, sous son aspect négatif, a été également envisagé de manière positive par : Riffaterre, Dufays, Amossy.

En effet, le théoricien de la lecture, J-L, Dufays a donné une très grande importance au concept de stéréotype en montrant le rôle capital que celui-ci joue dans la lecture, et, d'une manière générale, dans toute communication. Pour lui, lire un texte c'est en bonne partie manipuler des stéréotypes. Déchiffrer, comprendre et interpréter un texte ne peut se faire sans prendre appui sur du connu et des préexistants. Sur ce même point, R. Amossy confirme que cette notion de stéréotype s’introduit également dans la réflexion sur la lecture littéraire et contribue à une nouvelle didactique de la lecture

Le projet « Lire et écrire un conte » soumis à l’étude est réparti en trois séquences :

  • Ø identifier la structure narrative du conte
  • Ø identifier les particularités d’un conte
  • Ø faire parler les personnages d’un conte

nous avons délibérément opté pour le projet de conte pour les raisons suivantes :

  • L’influence que ce type d’histoire exerce généralement sur les jeunes apprenants et par conséquent son effet sur leur implication dans la lecture de textes que nous avons choisis. Les textes des contes constituent, selon nous, des histoires qui sont particulièrement liées à cette phase de jeunesse, ce sont des histoires familières aux apprenants (littérature de masse).
  • Le conte est un élément constitutif d’une culture partagée(culture de masse)
  • Les contes présentent généralement un lieu fertile de stéréotype (structure banale, personnages et figures préexistants….).C’est un exemple suffisamment riche, à notre avis, pour aborder le concept de stéréotype dans la lecture des textes littéraires. En effet, loin de présenter une analyse détaillée des structures de ces textes, notre objectif est plutôt de démontrer le rôle des stéréotypes dans la compréhension et la réception du texte littéraire. Ce faisant, nous visons à conférer à la notion de stéréotype une valeur d’outil didactique

Ce projet présente plusieurs textes à étudier et comprendre ( on cite : Le crayon magique, Le petit coq noir, C’était un loup si bête, Le chêne de l’ogre…) pour être à la fin du projet capable d’exploiter les données pour rédiger un texte suivant le même modèle. La lecture favorise chez l’apprenant de langue la mise en place de stratégies pour comprendre l’organisation générale du  texte, pour retrouver les structures récurrentes qui le sous-tendent, les stéréotypies. L’objectif du projet, c’est d’être capable de reconnaître dans le texte des stéréotypes langagiers et des schémas figés.

Donner à lire des textes qui reprennent des genres bien connus des apprenants – qu’ils ont également abordés dans leur langue maternelle –, c’est faire entrer ces lecteurs dans un cadre familier qui va faciliter la compréhension du texte ; c’est permettre au lecteur de retrouver, selon l’expression de Jauss, les « règles du jeu avec lesquelles les textes antérieurs l’ont familiarisé »[3]

Dans chaque projet didactique, les consignes de lecture et les textes présentés rappellent à l’apprenant que l’activité de lecture est orientée non pas vers un déchiffrage de mots, mais plutôt  vers la reconnaissance de l’organisation globale du texte présenté et le repérage des structures récurrentes ou les stéréotypes qui l’aident comme soubassement ou comme « modèle » d’écriture. Dès l’abord, ces textes invitent le lecteur à mobiliser dans sa mémoire lesschémas qui structurent certaines de ses expériences.

En analysant ce projet, nous avons constaté que l’objectif de la pratique de lecture est bien de suivre les événements, les personnages et faire ressortir les structures et les représentations propres au conte. Donc, dans le but  de familiariser les apprenants à ce genre de texte, l’enseignant est tenu d’enseigner et confirmer les stéréotypes des contes à travers l’acte de lecture. Cela constitue pour les apprenants des points d’ancrage qui vont leur fournir,  par la suite, des pistes pour le travail d’écriture.

En effet, pour développer cette compétence de compréhension et de production écrites, l’apprenant doit s’entrainer à saisir les schémas d’organisation du texte et repérer ses spécificités, le genre auquel il appartient, à travers ses manifestations linguistiques (dans notre exemple la structure d’un conte : la situation initiale, l’événement perturbateur, le héros  «  généralement gentil, riche, beau… », présence d’objet magique aidant, d’élément fantastique, irréel…, l’adjuvant, les méchants, le dénouement heureux). Ces opérations sont  indispensables pour construire le sens global du texte, et nécessaires pour que l’apprenant arrive à construire et réécrire un texte en respectant le même modèle.

Il convient aussi que l’enseignant amène les apprenants à observer le langage utilisé dans ce genre de textes. Des expressions clichées comme : « il était une fois, il y avait une fois, il y a bien longtemps… », plongent le lecteur dans la logique du conte et l’incitent à convoquer  l’ensemble des règles et des structures sémantiques de ce genre. La reconnaissance de la stéréotypie liée à ce genre va lui permettre non seulement de construire plus facilement le sens des textes qui s’y rattachent, mais aussi de passer à l’étape d’écriture, en reprenant les stéréotypes propres au genre.

 tout acte de lecture n’est possible qu’à partir d’un certain cadrage générique fondé sur le repérage d’indices qui ouvrent l’ « horizon de lecture » du texte.    (…) En écriture, on sait qu’il n’est pas de pratique scripturale qui ne se situe en fonction d’un système générique préexistant, que ce soit pour le respecter ou pour le transgresser »[4]

 

Le projet didactique accorde aux stéréotypes une place très importante en les considérant comme un fondement nécessaire de l’acte de lecture, car le banal, le répété, l’usé sont des outils nécessaires pour comprendre et produire un texte en français langue étrangère, au moins dans les phases initiales de l’apprentissage. Cela nous conduit à dire que le stéréotype peut se révéler utile pour approcher un texte littéraire dans un contexte d’enseignement/ apprentissage du FLE.   

La lecture du texte littéraire pose des problèmes auprès des apprenants de primaire : La structure du récit, les références socioculturelles, la difficulté de compréhension de la langue…etc. Cependant, l’aboutissement et l’objectif du projet c’est de former un univers référentiel de stéréotype de l’apprenant propre au genre du texte présenté.(c’est à dire en lisant un conte l’apprenant doit réactiver ses savoirs sur les représentations stéréotypées du conte). Cette méthode de reconnaissance de stéréotypes s’avère utile pour donner aux apprenants un support théorique pour approcher les textes littéraires. Elle leur fournit des repères qu’ils ne peuvent pas identifier seuls, vu leur mince expérience en lecture littéraire.

 

BIBLIOGRAPHIE :

  • AMOSSY, R., Les idées reçues : sémiologie du stéréotype. Paris : Nathan, 1991
  •                  -     et Herschberg Pierrot A., Stéréotypes et clichés. Paris : Nathan, 1997
  • CANVAT, K., « La notion de genre à l’articulation de la lecture et de l’écriture », dans REUTER, Y. (dir.), Les interactions lecture-écriture. Actes du colloque Théodile-Crel, Berne, Peter Lang, 2e éd., 1998
  • DUFAYS, Jean-Louis :  « Le stéréotype, un concept clé pour lire, penser et enseigner la littérature », Marges linguistiques (revue web), marges.linguistiques.free.fr/bdd_ml/archives_pres/doc0030presentation.hlm
    •            -   ,  Stéréotype et lecture. Essai sur la réception littéraire, Liège, Mardaga, (Philosophie et langage), 1994.
    • GRUCA, Isabelle, Le conte : pour le plaisir de lire, pour le plaisir d’écrire
      • JAUSS, H.-R.: Pour une esthétique de la réception, Paris, Gallimard (Bibliothèque des Idées), 1978 
      • Mon livre de français, 5ème année primaire, ONPS, 2010- 2011.

 



[1] DUFAYS, Jean-Louis,  Stéréotype et lecture. Essai sur la réception littéraire, Liège,  Mardaga, 1994, (Philosophie et langage). pp. 52-58

[2] Ibid. p. 99.

 

[3] JAUSS, H. –R., Pour une esthétique de la réception, Paris, Gallimard (bibliothèque des idées), 1978. P.118

[4] CANVAT, K., « La notion de genre à l’articulation de la lecture et de l’écriture »,1998, p.275

 

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