FacebookTwitterDiggGoogle BookmarksLinkedIn
  • Séminaire International sur les Polysaccharides

    Séminaire International sur les Polysaccharides Polysaccharides de Plantes de Milieux Arides.POLYSAC 2017, Les 22-23 Novembre 2017. 

  • Workshop: Dynamiques des Territoires Oasiens et leur Environnement

    Workshop: Dynamiques des Territoires Oasiens et leur Environnement "WID TOE 2017", 3 et 4 avril 2017, Ouargla - Algérie

Appel à communication

 

Motivation et apprentissage du français en Algérie et l’apport de l’apport de l’approche interculturelle en contexte d’enseignement : le cas du secondaire

 

SIHAME KHARROUBI

Université Ibn Khaldoun Tiaret

 

        L’ouverture des frontières et la mondialisation des échanges font de la connaissance d’une langue étrangère un enjeu essentiel, professionnel et culturel pour le citoyen de demain et c’est pour cette raison que les autorités responsables poursuivent leurs efforts pour accroitre à la fois l’efficacité de l’apprentissage des langues en cours des généralisation à l’école primaire et la diversification de l’offre des langues dans leur ensemble du système éducatif.

      La motivation est au cours de l’apprentissage d’une langue. Nombreux sont ceux qui sont convaincus et motivés en raison de multiples avantages personnels et professionnels acquis avec des compétences linguistiques. Il est cependant important de comprendre pourquoi les apprenants n’éprouvent aucune motivation vis-à-vis de l’apprentissage du français. Certains considèrent que la connaissance du français est non essentielle à leur vie, d’autres trouvent que les méthodes trop académiques et trop longues ou ils ont été traumatisés par des expériences scolaires.

       Quelle que soit la raison, nous essayerons de proposer des solutions imaginatives qui seront nécessaires pour surmonter ces hésitations et crainte d’apprendre. Dans le cadre de la réforme du système éducatif proposée par le ministère de l’éducation, un grand nombre de praticiens ainsi que des spécialistes en FLE se sont mis d’accord pour changer les méthodes d’enseignement, nous passerons alors de l’approche communicative à l’approche par compétence fixée dans le nouveau programme de la première année secondaire.

            Nous essayerons de prouver dans ce travail que  le FLE peut être enseigné sous diverses perspectives et pour que l’enseignant soit libre et aura la possibilité de changer ces méthodes dans son cours. Il pourra par exemple s’inspirer de l’approche interculturelle pour se trouver une nouvelle approche à son cours et toujours dans le but de motiver l’apprenant. Concernant l’interculturalité, Antonella CAMBRIA nous dit : « L’interculturalité est reconnue comme une compétence de la didactique des langues. L’expansion de l’interculturel touche les notions normalement considérées en didactique des langues. Il est formulé au titre de compétences communicatives langagières. Il est mentionné dans : les savoirs comme prise de conscience interculturelle, les savoirs comme savoir faire interculturel et les savoirs êtres comme les attitudes… »

Nous allons donc nous emprunter de cette approche quelques principes en vue de concevoir une nouvelle manière d’enseigner, peut être cette dernière motive les apprenants qui éprouvent une indifférence totale à apprendre n’importe quelle langue étrangère à savoir le français. L’apprenant pourrait acquérir ainsi la langue en assimilant la culture de cette dernière et finira par faire des comparaisons avec sa propre culture.

La pratique de l’interculturalité semble recouvrir nombre d’éléments pouvant favoriser l’enseignement apprentissage de la langue française comme affirmé dans les propos suivants : « La dimension interculturelle de l’enseignement implique, pour les apprenants, un partage des connaissances entre eux et un dialogue sur la base des opinions de chacun…de cette manière, les élèves apprennent autant les uns des autres que de leurs professeurs, et peuvent comparer leur propre environnement culturel à ceux moins familiers, auxquels l’étude des langues étrangères les initie. ». Conseil de l’Europe, Développer la dimension interculturelle dans l’enseignement des langues, éd, conseil de l’Europe, Strasbourg, (2002.) P29.

Nous allons nous inspirer de l’approche en émergence de l’enseignement des langues étrangères appelée « interculturelle » pour trouver un soubassement théorique à notre approche du texte littéraire objet de notre étude. Nous n’allons pas tenter d’appliquer l’approche interculturelle dans toutes ses dimensions mais nous en empruntons un certain nombre de principes et de postulats pour la mise en pertinence des aspects culturels dans l’enseignement du texte littéraire. Ainsi l’apprenant pourrait, d’un coté, acquérir indirectement la langue cible de l’autre, il pourrait apprécier certains aspect de la culture de cette langue à savoir le français tout en le comparant à sa propre culture.

Cette approche concernera uniquement les textes littéraires prévus dans le programme du français en première année secondaire. L’expérience restera dans le cadre de l’approche par compétence et ses objectifs d’enseignement.

Problématique :

Notre travail sera centré sur le texte littéraire et plus précisément sur la manière de l’enseigner en première année secondaire. Partons du fait qu’il est appréhendé que d’un point de vue, celui didactique. Nous nous sommes interrogés sur l’efficience ou non d’une telle stratégie ayant comme objectif l’épanouissement linguistique et culturel de l’apprenant. Nous allons dans ce sens, emprunter des outils appartenant à la méthode dite interculturelle. Cela pour apporter des éléments nouveaux dans la manière d’enseigner le texte littéraire en première année secondaire, manière basée sur l’exploitation de la dimension culturelle présente dans ce genre de texte.

Sur ce, nous nous sommes posés la problématique suivante : dans quelles conditions le  texte littéraire peut-il améliorer les performances linguistiques et culturelles de l’apprenant ? En d’autres termes, une approche interculturelle du texte littéraire serait elle plus motivante qu’une approche didactique ? Serait-elle, aussi, plus efficiente quant à l’exploitation du texte littéraire en 1ere AS.

Le texte littéraire et l’interculturalité :

Dans ce point, nous commencerons par d’abord établir les connexions et les liens entre le texte littéraire considéré comme outil pédagogique et l’interculturalité considérée comme une méthode en émergence dans l’enseignement des langues pouvant nous guider dans l’exploitation  de cet outil. En suite, nous tenterons de passer en revue quelques notions de l’interculturalité que nous estimons importantes pour notre présent travail. nous essayerons de démontrer les aspects potentiellement positifs dans le rapprochement entre le texte littéraire et l’interculturalité.

Pourquoi l’interculturalité en 1ere AS :

Le programme concernant le français attire l’attention des praticiens sur le nécessité de l’ouverture au monde. Mais la question que nous nous sommes posée est comment tendre, dans les diverses situations d’enseignement/apprentissage, vers l’ouverture au monde sans pour autant y déployer les outils nécessaires ? Il nous semble que le fait de montrer aux apprenants en 1ere AS divers textes et images ne constitue pas à lui seul cette ouverture au monde. Il nous semble, aussi, que pour réaliser cet objectif, il faudrait tenter de mettre en œuvre les stratégies nécessaires, à l’exemple de l’éduction interculturelle.

Johanna Lasonen affirme, quant à elle dans son article Réflexion sur l’interculturalité par rapport à l’éduction et le travail, en parlant d’universitaires en situation d’apprentissage, que : « L’internationalisation de l’éduction devrait impliquer le développement d’une compétence interculturelle chez les étudiants et les enseignants…La tache de l’éducation internationale est de guider les citoyens vers des interprétations culturelles continues, ce qui fait partie de la compétence culturelle. » www.unesco.org/iau/id/fre/rtf/di_Lasonen.rtf samedi 28 avril2007.

Par là, elle rejoint notre propos sur la volonté de contribuer à l’ouverture de l’école sur le monde. Dés lors, notre travail se propose de répondre à ce souci en suggérant l’exploitation de la dimension culturelle dans l’enseignement/ apprentissage de la langue française ; nous avons choisi particulièrement l’exploitation du texte littéraire par rapport à ses dimensions culturelles. Cette exploitation sera mise à la lumière des différentes études et expériences interculturelles de par le monde. Haydée Maga soutient que : « La prise en compte de la culture dans l’enseignement des langues étrangères est indispensable, non seulement pour communiquer efficacement, mais aussi parce qu’elle représente un enjeu éthique ». www.francparler.org/dissier interculturel_former.htm vendredi14 octobre2011. Elle insiste sur l’intérêt de l’enseignement/ apprentissage prenant en considération la culture de la langue cible en tant que facteur favorisant cet apprentissage.

Amor Séoud soutient cet avis en ces termes : « …L’interculturalité autre façon de mettre fin à la rupture entre l’école et la vie, de continuer l’une par l’autre. » Séoud, Amor, Pour une didactique de la littérature, les éditions Didier, Paris, 1997. (P137). Pour lui, l’interculturalité en classe est un passage obligé. Il estime que chaque texte est dans son essence interculturel en FLE et même aussi en FLM. Cela, selon lui, en raison de la pluralité et les croisements culturels dont témoigne la civilisation d’aujourd’hui.

Pourquoi le texte littéraire et l’interculturalité :

Le texte littéraire nous semble comme outil pédagogique pouvant s’appréhender par rapport à des approches aussi multiples que diversifiées. C’est un support privilégié. Cet outil pédagogique qui se prête à des activités pour l’oral, l’écrit, l’imaginaire et même aussi pour la culture ou les cultures. AEK Ghellal aperçoit le texte littéraire comme une notion vivante. Elle prend de la réalité pour revenir sur son espace fermé. Il dit : « Le texte littéraire n’est pas seulement un phénomène de langage, il est aussi un phénomène de voyages, de rencontres, de découvertes, d’évasion, d’exotisme, c’est beaucoup plus une aventure qu’une lecture » AEK ; Ghellal, thèse de doctorat soutenue à l’université l’enseignement du FLE. (janvier 2006)

Pour revenir aux textes littéraires présentés dans le manuel de l’apprenant, nous avons constaté qu’ils sont appréhendés uniquement à une préoccupation didactique. Comment atteindre cette ouverture de l’école et des apprenants sur le monde ? Comme le dit Marc Lits : «  Il n’est pas possible, pour des élèves de percevoir ce qui constitue leur propre environnement culturel sans terme de comparaison… ce n’est qu’après avoir découvert la culture de l’autre que je puis percevoir ce qui fonde mes particularités culturelles. » Lits, Marc, Approche interculturelle et identité narrative, in Etude de linguistique appliquée, n°93, 1994 (p27)

Il souligne que l’observation des différences culturelles peut aider les apprenants à se faire une conscience de soi et de l’autre. Dans ce sens, nous avons voulu démontrer l’intérêt du texte littéraire en classe de langue par rapport à une exploitation culturelle ou même interculturelle dans l’objectif d’améliorer les situations d’enseignement/ apprentissage de la langue.

La notion de culture :

Lors de nos recherches, nous avons constaté que la notion de culture recouvre bon nombre de définitions. En 1952, Alfred Kroeber et Clyde Kluckhohn, ont recensé une liste de plus de 200 définitions du mot culture dans leur livre Culture, ce qui montre que le phénomène culturel peut être aussi hétérogène que compliqué.

Dans son acception étymologique le terme culture vient du latin colere (« habiter », « cultiver », ou « honorer »), il suggère que la culture se réfère, en général, à l’activité humaine. www.techno-science.net. Cette définition nous donne une appréciation globale sur l’origine du mot culture, mais elle nous semble insuffisante. Dés lors, nous avons opté pour la définition suivante :

« La culture se définit de cette manière comme un ensemble de connaissances transmis par des systèmes de croyance, par le raisonnement ou l’expérimentation, qui la développent au sein du comportement humain en relation avec la nature et le monde environnant. Elle comprend ainsi tout ce qui est considéré comme acquisition de l’espèce, indépendamment de son héritage instinctif, considéré comme naturel et inné. Ce mot reçoit alors des définitions différentes selon le contexte auquel on se réfère. » www.techno-science.net/onglet=glossaire&définition=987-81k. samedi 5 mai2007, 17h :48 :22.

Cette définition semble plus englobante parce qu’elle rend compte de nombre d’éléments ayant trait à la notion de culture. Elle parle de connaissances d’un peuple forgé par des croyances en relation avec l’environnement dans lequel se peuple vit et se développe, ce peuple qui se construit comme une entité particulière dans le monde par le concours de tous les éléments que nous venons de citer.

Rôle et importance de la culture dans la classe de FLE :

Ce travail prend en considération l’intégration de l’aspect culturel dans l’enseignement de la langue cible à savoir le français. Nous voulons mettre en œuvre une expérience pour démontrer l’intérêt potentiel des éléments culturels dans différentes situation d’enseignement/apprentissage d’une langue étrangère. Nous nous sommes lancés dans cette préoccupation en puisant dans les divers outils théoriques établis par l’approche interculturelle des langues étrangères, tentant ainsi de prendre en charge la culture de la langue à enseigner à l’aide de cette approche. Nombre de chercheurs et   de didacticiens se sont lancés dans cette voie à l’exemple de Christian Puren qui a fait remarquer, à propos de l’enseignement des langues étrangères, que : « On a plutôt tendance à insister sur la formation à l’interculturalité, sur les problèmes de curiosité et d’acceptation de l’autre, de relativité vis-à-vis de sa propre culture ». perso.orange.fr/chevrel/plan.html. dimanche 04 septembre 2011,14 :24 :05.

En plus de constat, il propose des activités allant dans ce sens telles que : l’utilisation des publicités étrangères, jouant sur les symboles français ou inversement ; ou encore, la sélection dans les romans en langue cible des extraits mettant en scène des étrangers.

Henri Besse avance, quant à lui, en parlant de l’interculturalité les propos suivants : « Le dialogue des cultures n’est pas dissociable d’un dialogue interpersonnel, entre soi et un autre à la fois semblable et différent, soi et soi confronté à des messages autres que ceux auxquels on est accoutumé ». Besse, Henri, didactique et interculturalité, in Dialogue et cultures, n°26, sèvres, FIFP, 1985(P99). Pour Besse l’interculturel, reflète le questionnement et le regard de soi vers l’autre en tout ce qui peut être similitudes ou différences. Le deuxième aspect, concerne le regard de soi même basé sur la comparaison de notre vision de soi même et celle de l’autre sur nous.

Puren affirme aussi que : « L’objectif culturel est beaucoup plus, aujourd’hui un enjeu de formation au contact de l’étranger qu’un enjeu d’information sur l’étranger ». Cette dernière affirmation nous semble importante parce qu’elle met en lumière l’objectif de l’enseignement interculturel d’une langue étrangère. Cet objectif centré sur la formation au contact avec l’autre, nous aide à apprécier l’importance accordée à l’aspect communicationnel dans la langue à apprendre pour aider l’apprenant rendre. A notre sens, l’interculturel intervient dans ce cas pour aider l’apprenant à maitriser les instances et les contraintes de l’utilisation pratique d’une langue étrangère.

Désormais, l’importance de l’enseignement culturel d’une langue étrangère peut s’appréhender dans une double perspective : dans la première, il peut être un facteur de motivation aidant à développer chez les apprenants la volonté, le désir et même le besoin d’apprendre la langue. Dans la deuxième perspective, il peut leur fournir les outils culturels indispensables à une meilleure utilisation de la langue à apprendre brisant ainsi toute ambiguïté.

Conclusion :

Comme la langue française occupe une place non négligeable dans la vie quotidienne des algériens et à tous les niveaux : économique, social et éducatif, ce travail s’est inscrit, sans équivoque, dans une démarche didactique ciblant essentiellement le domaine de la motivation et de l’apprentissage du FLE. Un apprentissage ne peut être efficace, performant que s’il s’appuie sur une motivation, à bien des égards, soutenue, savamment orchestré. Armé d’une sagacité rationnelle, l’enseignant doit placer l’apprenant dans une situation où il peut s’exprimer et produire, s’appropriant les connaissances par l’action (il cherche, explore, pose des questions, propose une solution, prend l’initiative, argumente…) au lieu de le confronter dans un rôle de récepteur consommateur (il écoute, observe, réagit à des consignes, répète, applique, exécute, ne répond pas…)

L’éducateur s’intéresse sur le domaine réel cognitif de ses apprenants, en ciblant leur difficulté avant d’entamer son processus d’apprentissage. Durant la phase d’accomplissement de ce dernier, il élabore progressivement les critères de réussite, relève le degré d’adéquation du texte  produit au but poursuivi en repérant le dysfonctionnement concernant la forme et le contenu. Il s’assurera de l’efficacité de la qualité globale de son enseignement à travers l’apprentissage mis en place de la validation pédagogique et didactique du projet.

Ceci nous amène à traiter de l’approche interculturelle qui se projette dans une dimension pour la compréhension, le rapprochement et l’échange entre la culture d’origine et la culture étrangère. Elle peut transcender le clivage, les tabous, les conflits culturels, les malentendus pour instaurer un milieu propice où tout serait possible, agissant pour la promotion des langues. L’apprenant découvre et s’imprègne des valeurs culturelles du pays de la langue cible. Et cela est significatif en ce qui concerne d’autant plus que les nouveaux programmes préconisent l’utilisation de l’approche par compétence qui se caractérise par la pédagogie du projet s’appuyant sur l’observation, l’analyse, l’interaction et l’évaluation.

Enfin, nous pourrons espérer, que tout ce qui a été relaté précédemment, fruits de laborieuses investigations, va répondre à des interrogations pertinentes dans le domaine de l’apprentissage du FLE.

Et même si on ressent une certaine satisfaction tout à fait évidente, naturelle, il n’en demeure pas moins que ce serait un leurre de croire que dans le domaine de l’enseignement du FLE, il existe des solutions idiomes ou miracles car tout peut être remis en question, décrié, annulé, complété, amendé, vu les extraordinaires progrès enregistrés dans les sciences de l’éduction voir même la didactique du FLE.

 

Les mots clés :

Apprentissage- enseignement- apprenant- interculturel- approche par compétence- approche interculturelle- motivation- enseignant…

 

 Télécharger l'article

 

  • Image manifest.univ-ouargla 01
  • Image manifest.univ-ouargla 02
  • Image manifest.univ-ouargla 03
  • Image manifest.univ-ouargla 04
  • Image manifest.univ-ouargla 05
  • Image manifest.univ-ouargla 06
  • Image manifest.univ-ouargla 07