Le marketing bancaire face au défi des nouvelles technologies

 

Dr Khelil Abderrazek

Maître de conférences, université de

Laghouat (Algérie)

 

La révolution de l’information changera les économies   de   ce   siècle   de   la   même manière que la révolution industrielle a imprimé celles du XXe  .

Pour de nombreux experts, il s’agit de l’avènement d’une ère nouvelle qui ouvrira de  vastes  possibilités  de  faire communiquer  les  hommes  et  les entreprises  en  s’affranchissant  des barrières du temps , de l’espace , parfois même de la réalité concrète (1).

En ce début du 21éme siècle , le développement des technologies de l’information et de la communication connaît un taux de croissance sans précédent .Selon la célèbre loi de Moore (2) , cette croissance est exponentielle alors que le prix des matériels de plus en plus performants ne cesse de diminuer . Un ordinateur vendu , il y a à peine 2 ans était

4 fois moins performant et 2 fois plus cher que celui d’aujourd’hui .

Les évolutions de capacité de traitement , de  stockage  et  de  communication  sont telles   que   les   utilisations   deviennent infinies . les comportement des hommes et leurs relations dans les entreprises s’en trouvent profondément modifiés.

Le secteur financier , dont les métiers reposent essentiellement sur la gestion de l’information , se situe à l’épicentre de ces mutations(3).   Au cours des 10 dernières années , les banques ont dû faire face à une révolution technologique rendant indispensable une adaptation rapide des structures , systèmes et mentalités . Leur évolutions est conditionnée par la présence d’une clientèle, sans cesse plus exigeantes. Davantage équipée et familiarisée avec ces nouvelles technologies dans sa vie professionnelle et personnelle , elle attend de ses partenaires banquiers des réponses ,

adaptées rapidement communiquées , sur les appareils qu’elle possède (4).

Aux  routes  et  aux  autoroutes  de  béton correspondent les réseaux de transmission d’information      et      les      « autoroutes électroniques      »     qui     s’apprêtent     à révolutionner l’ensemble des modes de vie.

.Désormais , nous pourrons aller travailler ou faire nos courses non plus en voiture mais en modem !! (5).

Une véritable course coûteuse à l’équipement technologique , déjà engagée depuis  une   décennie  ne  fait  que s’accentuer .Une réponse pertinente de la part des banques est devenue inéluctable pour faire face à l’ensemble des besoins formulés par les entreprises, les professionnels mais également certains segments spécifiques de la clientèle des particuliers.

L’urgence de l’intégration des nouvelles technologies est accentuée par la nécessité pour les banques de baisser leur coût , de gestion et de distribution pour rester compétitives face à une concurrence

(1) M .Badoc , B .Lavagssière , E.Copin , e- marketing de la banque et de l’assurance , 2éme édition , Editions d’organisation , Paris ,1998, p3.

(2)Gordon Moore, fondateur d’Intel avec Bob Noyée , a examiné le rapport prix performance des puces .Il a prédit que la capacité doublerait chaque année . Quelques années plus tard sa prévisions s’est confirmée.

(3)   le   prix   Nobel   Stock   et   Scholes   ont démontré que le prix d’une option sur actions ne représentait que la valeur des informations connues.

(4)M.Badoc  ,  B  .Lavagssière  ,  E  .  Copin  , op.cit. , p.4.

(5)E.A.Pateyron , R .Salmon , Les nouvelles technologies de l’information et l’entreprise , Economica , Paris , 1996 , P.6.

exacerbée dans un environnement tendant à la déréglementation et à l’ouverture internationale.

Ainsi les services de banque à distance (6) augmentent les recettes d’exploitation des services bancaires , en raison de la baisse du coût moyen de transaction ( réduit de

50% par téléphone et de 93  par Internet ) (7).

Le           « reengineering »           ,véritable reconfiguration des systèmes et des organisations ,est obligé de faire largement appel à ces technologies pour pouvoir permettre aux banques d’offrir à leur clientèle des produits et services moins chers et de meilleure qualité que ceux de la concurrence.

Proposer   des   services   de   qualité   qui demeurent rentables , être moderne sans perdre le sens de l’humain constituent des chalenges contradictoires que les banques doivent résoudre pour se développer à l’ère de l’information .

Le marketing, discipline qui a pour rôle de rapprocher les institutions de leur clientèle,continue à être au cœur du dispositif d’adaptation. Toutefois , les concepts et méthodes qui furent mis en place dans les banques ,comme à terme,pour le reste des secteurs , au cours des 20 dernières années ne résisteront pas à la révolution technologique .Ils ont besoin d’être redéfinis en profondeur . Le marketing traditionnel est aujourd’hui insuffisant .Il est constitué par l’harmonisation des segments de clientèles cibles, de l’offre produits – services , du positionnement , de la politique de prix , d’axes de communication et des choix de canaux de distribution .Tout cela reste indispensable et nécessaire . Il faut ajouter à ce marketing trois éléments pour définir concrètement une position de marché défendable, rentable et durable, outre la technologie l’intégration de l’information et de ses systèmes, l’adéquation des ressources humaines et le développement de la logistique (8). Ce nouveau marketing, baptisé    par    les    spécialistes    « e    – marketing »,    doit    intégrer    pour    être

efficace ces éléments dans le cadre d’une approche cohérente.

Afin de montrer l’intérêt de l’intégration de  la  variable  technologie  dans  le marketing de la banque pour faire face à la nouvelle   donne   ,   nous   mettrons   en évidence dans un premier temps comment l’évolution technologique a mis en cause le marketing   traditionnel   ,   puis   dans   un second  temps  nous  expliquerons  la tendance actuelle du marketing bancaire vers l’e_ marketing , et en troisième temps nous analyserons les chantiers actuels de développement et de modernisation du système de paiement en Algérie en tant que condition préalable à toute intégration de la puissance du progrès technologique dans les politiques de développement des banques algériennes.

1.Le   marketing   traditionnel   mis   en cause par l’évolution technologique

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication obligent les banques à se pencher sur l’utilisation du marketing au sein de leur institutions   .   Elles   conditionnent   une remise en cause des applications traditionnelles à plusieurs niveaux.

(6)La banque à distance peut être définie comme « toute activité bancaire destinée à un client ou à un prospect , se déroulant à partir d’un point de service électronique (téléphone , micro- ordinateur , télévision , distributeur automatique de billet DAB , guichet automatique de banque GAB ) , et utilisant un système   de   télécommunication  tel   que   le réseau téléphonique , la Télévision par Satellite TPS , le Minitel , ou Internet ».

(7)A.Capiez , Nouvelles technologies et performances : le cas de la banque à distance ,

www.afc-cca.com

(8) M .Badoc, B.Lavagssière, E.Copin, op.cit, p.4.

1.1.Le concept marketing

Le   concept   marketing   risque   d’être   à redéfinir . La priorité accordée aux goûts , besoins  et  attentes  du  « client  roi   »  est confrontée aux imprévisibles progrès des technologies   .   L’accélération   de   leurs possibilités acquiert un tel impact qu’elle risque   de   modifier   profondément   les perceptions , attitudes et comportements du marché .Par leur puissance de persuasion , elles deviennent des vecteurs autonomes de création  de  besoins  pour  la  clientèle  . L’avènement    du    multimédia    ,    des autoroutes de  l’information , du téléphone mobile         et         les         modifications comportementales     qu’ils     occasionnent permet d’envisager l’importance du défi . L’évolution vers le tout Internet c'est à dire vers    la    personnalisation    ,    implique l’exploitation des possibilités de l’Internet mobile : garder le contact tout le temps et partout avec ses clients (9).

La difficulté des études de marché risque de s’en trouver considérablement accrue . L’analyse des comportements réels d’utilisation de l’Internet par le client et la réflexion sur les difficultés engendrées deviennent aussi importantes qu’une étude de marché traditionnelle(10).

Ainsi le lancement d’un réseau  de banque technologique directe dont la prévision de retour sur capitaux investis est supérieur à dix ans peut sembler irréaliste,aujourd’hui(11).

La notion de «  Leadership » et le gain de part de marché pour le futur se substitue de plus en plus à celle de vouloir réaliser du profit à moyen terme .

Le but du marketing devient de moins en moins le profit et de plus en plus de permettre une réponse aux deux précédents impératifs . Cette stratégie peut s’avérer dangereuse à terme si elle conduit à des

conséquences relatives à la démarche marketing .

En premier lieu , elle renforce la nécessité   d’élaborer   un   «   business plan » préalablement à toute tentative de lancement d’un produit , service ou canal de distribution fondé sur la technologie du futur.

En second lieu , elle oblige pour certaines offres à réaliser une planification marketing  à  court  terme que dans le passé. En troisième lieu, elle entraîne les banques à adapter un concept de «  marketing créatique », dont la caractéristique est d’être plus opportuniste, rapide et créatif que l’approche marketing traditionnel.

Enfin lorsqu’il concerne la banque sur Internet , son but est autant tourné vers la nécessité de convaincre les investisseurs par une croissance rapide que d’apporter une rentabilité rapide .

 

1.3.La concurrence:

les perspectives prometteuses de gains futur liés au marché de l’information provoquent l’arrivée d’une concurrence accrue de la part d’acteurs diversifiés . Les banques auront à faire face à une pénétration  accélérée  de  professions liées   à   la   grande   distribution   ,   à l’informatique  ,  aux  logiciels  ,  à  la télécommunication             ,à             la communication   dans   leur   domaine d’activité     .Les     orientations     des préoccupations      traditionnelles      du marketing  des  banques  s’en  trouvent modifiées.

Il leur faudra faire preuve d’ouverture en sachant proposer à la direction générale des accords avec d’autres professions ,indispensables pour pouvoir présenter des offres conjointes

politiques  de  cavalerie  .  Les  investisseurs                                         

déçus risquent d’abandonner la société qui

poursuit de telles voies (12).

1.2. La démarche marketing

La technologie peut avoir plusieurs

(9)M.Badoc   ,   B.lavagssière   ,   E.Copin

op.cit , p.19. (10)Ibid, p.20. (11)Ibid. (12)Ibid..

fondées sur un mélange de compétences diversifiées.

1.4. La segmentation des marchés

La segmentation des marchés risque d’être profondément remise en cause. L’avantage concurrentiel que procureront des services en lignes aux banques dépasse la simple redéfinition des services bancaires , et se fonde avant tout sur les moyens que cette application devra fournir pour un meilleur accès à la clientèle ,ou qu’elle se trouve ,et une meilleure connaissance de celle – ci. Conquérir     et     fidéliser     sa     clientèle deviendra  l’objectif  majeur  de  toutes  les institutions du marché .Connaître le client (désormais     rendu     possible     par     les techniques   du   datawarehousing   et   du Datamining)   deviendra   pour   toutes   les banques    une    nécessité    absolue    afin d’anticiper  ses  besoins  et  lui  tailler  des services  sur  mesures  ,en  accord  et  en harmonie avec ses désirs et ses goûts (13). A   travers   cette   opportunité   le   célèbre couple  produit  /  marché  fondé  sur  la segmentation     risque     d’être     bientôt remplacé  par  un  couple  produit  /client reposant sur l’information , dans l’optique d’une   démarche   « one   to   one    »et   la recherche d’un « sur mesure de masse » (14) .

1.5. Le «  marketing mix »

L’évolution technologique conduit à remettre en cause le concept traditionnel du  « marketing »  .  Comme  le  montre  le schéma n°1 , les quatre    principales variables   du   « marketing   mix   »   sont directement concernées.

1.5.1. Le produit

L’émergence de la technologie , caractérisée par Internet et les services en ligne modifie les données du produit au sens large . Permettant l’interaction de l’offre en temps réel , elle facilite l’intégration avec des produits périphériques . Grâce à l’interactivité , le client peut élaborer immédiatement avec son banquier ou un grand distributeur , un

produit , un panier de la ménagère correspondant à ses attentes(15).L’information devient une véritable source de production .

Cette  évolution  n’est  pas  sans conséquences  .Elle  risque  de  contraindre les banquiers à élargir la définition de leur métier et à davantage travailler en collaboration avec d’autres professions , tant au niveau de la fabrication , que de la distribution des produits et services qu’ils veulent commercialiser (16).

1.5.2. Le prix

Avec  la  poussée  des  nouvelles technologies la variable prix doit être reconsidérée en tenant compte de l’éventuelle  suppression  d’intermédiaires

et de , l’augmentation de la transparence

induite par l’émergence des marchés virtuels . Les comparaisons de tarifs sont immédiates , ce qui rend possible de penser qu’il  puisse  y  avoir  un  prix  par destinataire. Le tarif se voit corrélé à la valeur ajoutée perçue par la clientèle , plutôt qu’aux coûts de « fabrication » du produit . La notion de prix psychologique lié à l’image, à l’influence de la communication au talent des commerciaux se  trouve  profondément  remise  en question.  Ce ne sont plus les distributeurs qui   fixent   le   prix.   Dans   des   secteurs comme  la  grande  distribution  , l’immobilier et le voyage, ce sont les Internautes qui définissent leurs besoins ainsi que le prix qu’ils  sont prêts à payer. Ceci peut s’appliquer à la banque en transposant le concept de pool.

1.5.3. La distribution

La distribution des produits et services bancaires connaîtra des mutations de taille. L’utilisation des canaux virtuels présente,

(13)R. Gervais , NTIC et système bancaire en Haïti, http:/ /business.uhhp.com (14)M. Badoc , B . Lavagssière , E.Copin Op. cit. ,p.21.

(15) Ibid. (16)Ibid.

-      No uv eau x

pour les banques des possibilités de conquérir , gérer et fidéliser de nouveaux marchés.

Elle permet à celles qui saurant proposer une  offre  créative  ou  un  « savoir  faire » originel       d ‘atteindre       un       marché international à des coûts devenus raisonnables . En changeant les lieux de propositions et de transaction , elle modifie le   rôle   du   réseau   d’agences   .   Une adaptation d’envergure des points de vente devient inévitable (17).

1.5.4. La communication

La communication se verra contrainte à s’adapter aux nouvelles technologies .Une communication mondiale se développera à travers de nouveaux supports permettant la personnalisation et l’interactivité . Il appartient aux banques d’anticiper les changements qu’elles peuvent entraîner . Un e- marketing plus proche du client et intégrant les évolutions technologique est inéluctable . Il imposera de remplacer le

« marketing   mix »traditionnel   par   une nouvelle harmonisation de variables plus pertinentes  réagissant  avec  efficacité accrue sur le comportement des clients.

Schéma     n°1 :     Influence     de     la technologie sur le « marketing mix »

-      Des intermédiation

-      Nouveaux entrants

-      Lieu de vente virtuel

-      Contact permanent avec le client

-      Force de vente assistée par ordinateur

-      Nouveau canaux de distribution

 Distributionprix

2. L’e- marketing vers le marketing interactif de l’intimité

Les banques ont subi une véritable révolution . Tout d’abord avec l’essor des réseaux de distribution directs , le client n’a plus besoin de   se déplacer dans son agence pour régler ses opérations courantes , la personnalisation de la relation banque / client se trouve dans le fait même d’opérer à domicile ; la banque vient à la maison (18).

Ensuite , avec la sophistication des bases de données , des traitements de l’information et des communications , qui offrent la possibilité pour la banque de mieux connaître son client et d’entretenir    ,avec  eux,  une  relation

intime et interactive.

Parallèlement , les clients , sont plus informés , plus actifs mais aussi plus volatiles .Ils réclament à leur banquier des réponses précises et personnalisées à  partir  de  produits  et  services  « sur mesure  ».  Ils  souhaitent  une distribution   « triple   A :   Anywhere, Anyhow , Any times » (19).

Face à ces mutations , le marketing des banques   doit   évoluer   en   devenant créatif , réactif et interactif . Il lui faut savoir utiliser les nouvelles possibilités de  l’information  et  de  la communication pour se rappprocher de chaque client , voire pour entrer dans son intimité La banque , après avoir été la banque de tout le monde , devient  la banque de chacun  (20).

Source : M. Badoc , B. Lavagssière , E.Copin , op. .cit., P. 22 .

2.1.Le concept de l’ e -marketing

Le concept de marketing est appelé à évoluer pour s’adapter aux conséquences générées par l’évolution technologique . Le marketing traditionnel , fondé sur la segmentation des  marchés  et  sur  la  cohérence  du

« marketing     mix »ne     suffit     plus

.L’harmonisation des variables prix , distribution , produit et communication pour augmenter la part de marché et le chiffre d’affaires n’est plus assez pertinente pour intégrer les nouvelles technologies dans les politiques de développement des banques.

L’e – marketing s’organise autour de quatre variables managériales que constituent l’information , la technologie  ,  la  distribution (logistique) et les hommes (21).

Schéma  2 :  Les  principes de base de l’e- marketing

•   L’information

Elle constitue une source de développement importante à travers la création   de   nouveaux   produits   et canaux de distribution .Le marketing sans la gestion de l’information risque dans le futur d’être incapable de créer une valeur ajoutée pour le client et un profit pour la banque . Seule la parfaite maîtrise de l’information permet de rentrer dans son intimité et de satisfaire ses attentes les plus personnalisées.

•     Les           ressources humaines

Elles constituent avec le client , l’autre richesse  de  l’entreprise.  Toute approche , marketing technologique qui ne  prend  pas  en  compte  les compétences actuelles et futures des collaborateurs , qui n’intègre pas la capacité  d’adaptation  et  de changement, qui oublie les impacts des innovations sur l’organisation risque d’être vouée à l’échec.

•     La         logistique/la distribution

Avec l’avènement des nouvelles technologies , elle conditionne l’ouverture vers la plus forte proximité possible  et  l’interactivité  .  Elle optimise  la  communication  en proposant d’accéder à l’intimité du client.

Source : M. Badoc , B . Lavagssière , E. Copin . Op. cit. , p.75.

Chacune des quatre variables peut être considérée comme source autonome de développement de nouvelles clientèles ou de nouvelles offres.

Elles  doivent  être  organisées  et harmonisées entre elles , de manière à obtenir la meilleure satisfaction du client dans le sens de la personnalisation des produits et services.

Pour réussir , trois éléments deviennent indissociables , destinés à compléter la variable technologique (22).

2.2.Les objectifs de l’e- marketing : Tout comme le marketing relationnel , le       marketing       interactif       vise principalement à  (23) :

(21) M. Badoc , B . Lavagssière , E. Copin

. Op. cit. , p.75. (22)Ibid.

(23)L.Boyer , D. Burgaud ,Le marketing avancé ,  Editions  d’Organisations  ,Paris,

2001,p. 274.

-    fidéliser les clients ;

-     conquérir     de     nouveaux clients ;

-     doter    l’entreprise    d’une réelle capacité d’adaptation par  la           meilleure connaissance de ses clients et leurs besoins ;

-     renforcer    l’image    et    la proximité de la marque ;

dans un objectif final d’augmentation des chiffre d’affaires et de la marge .

3-Développement   et   modernisation du système de paiement en Algérie

Le système de paiement est un bon indicateur du fonctionnement d’une économie , en particulier , dans un contexte d’économie de marché .Selon un consensus général , le système de paiement  d’un  pays  donné  comprend les  institutions  intermédiaires financiers  ,  les  instruments  de paiements  et  les  procédures  de paiement et de recouvrement. Ces éléments doivent intégrer le système d’information et de communication entre les institutions intermédiaires financiers.

Le développement des institutions et le progrès   en   matière   d’intermédiation bancaire ont entraîné l’évolution et la diversité des instruments de paiement . Les      nouvelles      technologies      de transmission des données et les progrès en  informatique  sont  à  la  base  de l’amélioration      extraordinaire      des procédures     de     paiement     et     de recouvrement dans les pays développés et les pays émergents.

Le temps est devenu un élément majeur de la compétitivité et ce d’autant plus qu’il semble maintenant prouvé que si on maîtrise ce temps , les autres avantages concurrentiels s’amplifient (24) :

-la productivité croît ;

-les risques diminuent ;

- la part de marché s’accroît.

C’est dans ce contexte , que l’Algérie engage un projet de développement et de modernisation de son système de paiement.

L’audit institutionnel ( des fonctions )

des banques publiques réalisé en 1992

-1993 , en même temps que l’audit des états financiers à fin 1991 ,a mis en avant leurs besoins de renforcement en la matière (25).

Le  renforcement  institutionnel concerne les principales fonctions des banques , notamment , la fonction commerciale (collecte des ressources et distribution de crédit ) , la gestion de trésorerie , le contrôle interne , la comptabilité   ,   l’informatique   ,   la gestion des ressources humaines et la formation.

Les  résultats  de  l’audit  institutionnel des banques ont permis l’élaboration des plan d’actions , de renforcement institutionnel par banque , avec échéancier de réalisation .

Dans ce cadre , des contrats de performances ont été initiés à partir de l’année 1995 et ont constitué un pré requis pour l’agrément   des banques publiques( 26).

Le renforcement institutionnel des banques concerne également la modernisation et le développement des paiements en tant que service bancaire de base , sur la base des principes et standards internationaux.

3.1.Objectifs du développement et de la modernisation du système du paiement

Le développement et la modernisation du système de paiement vise les objectifs suivants (27) :

-     adapter   les   systèmes   de paiement , de compensation et   de           règlement interbancaire      aux   besoins des

(24) L.Boyer , D. Burgaud ,Op.cit.,p.292. (25)Rapport Banque d’Algérie , 2001. (26)Ibid.

(27)Ibid. .

administrations  )et aux exigences d’une économie moderne , notamment, par la prise en compte des nouveaux instruments électroniques ;.

- réduire les délais de règlement , notamment des échanges hors place ;

- rationaliser et améliorer les procédures et mécanismes de recouvrement des chèques et autres instruments de paiement sur support papier ;

- promouvoir l’utilisation des

paiements scripturaux en remplacement des paiements en espèces par l’amélioration de la qualité et la réduction des délais de traitement et de règlement ;

- se conformer aux normes , internationales en matière de gestion , des risques de liquidité , de crédit et de protection contre les risques systémiques, en particulier , dans le cas de règlement des opérations de gros montants et des règlements des systèmes de compensation

multilatérale ;

-renforcer l’efficacité et la sécurité des échanges  et  du  règlement  des opérations de bourse.

Les préalables à la modernisation et au développement     du système de paiement sont (28) :

-     la       normalisation       des instruments de paiements et la    standardisation      des échanges ;.

-     l’existence  d’un  réseau  de télécommunication fiable , efficace et sécurisé ;

La Banque d’Algérie a promulgué la réglementation en matière de normalisation des instruments de paiements ( chèque , virement et carte

bancaire ) et a édicté les règles de constitution du Relevé d’Identité Bancaire (RIB).Les standards des échanges seront élaborés progressivement par chaque composante du système de paiement. Pour ce qui est du réseau de télécommunications, la Banque d’Algérie a négocié avec le Ministère des Postes et Télécommunications , la réalisation d’un réseau dédié à la Banque d’Algérie et la communauté bancaire . Il s’agit d’un réseau d’abonnés fermé à grand débit , fiable , efficace et sécurisé.

3.2. Composantes de développement et de modernisation du système de paiement

Le développement  et la modernisation du système de paiement en cours comprend :

-     le    développement         du système   de   paiement   de gros montants   en   temps réel ;

-     la modernisation du système de paiement de masse ;

-     la modernisation du système de  paiement     sur     les marchés.

3.2.1. Le développement du système de paiement de gros montants:

La Banque d’Algérie a entrepris la réalisation du système de paiement de gros montants et de paiements urgents

.Ces paiements s’effectueront en temps réel sur les comptes de règlement des banques de façon irrévocable et inconditionnelle et en temps très court sur les comptes   des bénéficiaires de ces paiements .La Banque d’Algérie veillera à amender la réglementation en vigueur afin de prendre en compte les recommandations du Comité de Paiements et Règlements de la Banque des Règlements Internationaux en matière   de   gestion   des   risques   de

liquidités , de crédit et des risques systémiques.

Le système de paiement de gros montants en temps réel fonctionnera selon  les  standards  internationaux  , avec une architecture ouverte

(28) Rapport Banque d’Algérie,2001.

permettant  le  raccordement  des participants actuellement en exercice et de nouveaux participants  dans le futur .Il sera dimensionné pour prendre en charge les évolutions en nombre d’opérations/jour .La plate-forme centrale sera  installée à la Banque d’Algérie . Les participants seront raccordés à ce système via leur siège social en utilisant la plate -forme « participant  » qui permettra d’émettre et de recevoir les opérations et les informations nécessaires de manière sécurisée.

Ce système , prendra en charge :

-     des opérations de paiements de      gros     montants     ou urgentes        émises   par   les participants, soit pour leur compte , soit pour le compte de leur clientèle ;

-     des opérations de paiements effectuées sur le marché des changes ;

-     des opérations de paiements effectuées sur le marché monétaire ;

-     des  opérations  d’entrée  et de sortie de la monnaie fiduciaire  pour  le  compte des participants ;

-     des  soldes  des  opérations traitées          en   chambres   de compensation ;

-     des  règlements  espèce  des opérations sur le marché financier gérées pour le dépositaire central.

3.2-2.Modernisation des paiements sur le marché financier

Ce segment du système de paiement est pris en charge par la COSOB qui a piloté la création d’un dépositaire central qui aura en charge la tenue des comptes titres des banques teneurs de comptes conservateurs et qui procédera à la compensation multilatérale des titres et à la pré-co mpensation des règlements espèces .Le dépositaire central veillera à la simultanéité entre la livraison des titres et de règlement des espèces sur les comptes courant des banques gérés dans le système de paiement. de gros montants en temps réel.

3.2.3. Modernisation du système de paiement dit de masse

Il s’agit de la modernisation :

-     des        instruments        de paiements ;

-     des procédures de paiement et de recouvrement.

La conception de la modernisation des paiements dit de masse , incluant les paiements par chèques , virement , avis de prélèvement automatique , effets de commerce et la monétique est en cours. A ce stade , il s’agit pour la Banque d’Algérie  et  la  communauté  bancaire de réfléchir sur :

- l’architecture du système de compensation à mettre en place (échange des instruments sous forme électronique dématérialisée , archivage des formules des instruments de paiements , traitement automatisé de la compensation , définition des normes et des standards des échanges pour tout le cycle de vie des opérations de paiement , codification des échanges , formats de messages ,…) ;

-l’élaboration de la convention de compensation ( définition de l’objectif du système , modalités de révision , catégories de participants , rôle et responsabilités du gestionnaire du système , règles de facturation, instruments traités dans le système , calendrier d’échange par type d’instrument   ,   date   de   règlement

interbancaire , modalité de règlement des litiges , surveillance du système , procédures de back up , règles de sécurité , conditions techniques de raccordement d’un nouveau participant au système ,…) ;

 

- l’élaboration des étapes de réalisation de l’architecture sélectionnée ;

 

- l’estimation du coût de modernisation du système à entreprendre ;

 

- l’estimation des changements organisationnels internes à mettre en place par chaque participant au système de paiement dit de masse.

 

 

 

 

Conclusion

 

L’urgence      de      l’intégration      des nouvelles technologies est accentué par la nécessité pour les banques de baisser leur coûts de gestion et de distribution pour  rester  compétitives  face  à  une concurrence     exacerbée     dans     un environnement       tendant       à       la déréglementation et à la globalisation. Face à ces mutations , le marketing des banques   doit   évoluer   en   devenant créatif , réactif et interactif .Il lui faut savoir       utiliser       les       nouvelles technologies  pour  se  rapprocher  de chaque  client,  voire  pour  entrer  dans son intimité .

 

Dans ce contexte , l’Algérie engage un projet de développement et de modernisation de son système de paiement qui vise surtout à adapter les systèmes  de  paiement  ,  de compensation et de règlement interbancaire aux besoins des usagers et réduire les délais de règlement , tout en se conformant aux normes internationales  en  matière  de  gestion des risques de liquidité , de crédit et de protection contre les risques systémiques .

 

Bibliographie

 

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- Rapport Banque d’Algérie , 2001.

 

 

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