Partenariat local grande entreprise-PME : intérêts stratégiques et conditions de réussites

Présenter par : Khaled  Gherzouli

CREGO, Université de Rouen- France

 

Les PME, comprises dans le sens classique du terme, c’est-à-dire en tant qu’entreprisesindépendantes, ont une tendance naturelle à évoluer de façon isolée. La recherche d’alliances est eneffet beaucoup moins marquée chez les PME que chez les grandes entreprises (Puthod,1995). Etmême dans les cas où les PME s’inscrivent dans de telles démarches de rapprochement, leur

préférence va généralement vers des partenaires de taille similaire (Ingham, 1991). Elles ont unecertaine méfiance à coopérer avec des organisations nettement plus grandes qu’elles. Pourtant, uneétude réalisée sur la décennie 1980 (Harrigan, 1988) met en évidence l’accroissement de cesaccords de coopération entre des entreprises de tailles très différentes.

Dans cette perspective, des expériences menées afin de favoriser ces coopérations asymétriquestendent à montrer que de tels rapprochements sont porteurs d’évolutions (Saget,1989). Duchéneaut(1995, p.191) souligne que les partenariats qui lient de grandes entreprises « avec le tissu de PMEde proximité constituent autant d’aides et de soutien au développement (qualitatif ou quantitatif) desPME ». A cet égard, l’intermédiation des institutionnels peut constituer un catalyseur efficace decertaines formes de ces coopérations, notamment dans un contexte de concurrence entre territoireséconomiques. Les partenariats suscités sont alors de type « compagnonnage », la grande entreprisefaisant bénéficier à la plus petite de son expérience dans des domaines bien maîtrisés.Dans ce cadre, plusieurs dispositifs ont émergé en Haute Normandie afin de diffuser le savoir-fairede grandes entreprises à des PME locales. Au cours des années 90, deux structures de ce type ont vule jour, Synergies Normandie et Renault Plus Normandie, la première sous l’impulsion de la CRCI,la seconde sur l’initiative de l’industriel Renault.Si les relations donneurs d’ordres / sous-traitants sont les plus couramment évoquées lorsque sontappréhendées les « relations dissymétriques » (Duchéneaut, 1995), les rapprochements valorisés enHaute Normandie ne s’inscrivent pas dans cette logique de filière, mais touchent plus généralement

des PME hors du champ des fournisseurs de la grande entreprise.Cet article s’attache à appréhender la spécificité du partenariat local lorsqu’il met en présence desentreprises de tailles et de secteurs différents. Il s’agit notamment de cerner les logiques sousjacentes,les éléments de structuration et de mise en oeuvre de telles initiatives mais aussi d’envaloriser l’impact. Ce travail s’appuie sur l’analyse combinée des résultats de deux études centréessur l’évaluation de ces deux dispositifs1 : Synergies Normandie et Renault Plus Normandie. Il fautsouligner l’originalité de ce terrain d’étude qui met en parallèle des initiatives d’origines

différentes : la première relève d’une volonté politique alors que la seconde s’intègre dans unedémarché privée.Afin de parfaitement cerner la nature de ces rapprochements et les motivations qui ont prévalu àleur initiation, nous situerons dans un premier temps ces relations dans le spectre plus large des

partenariats. Seront ensuite présentés les enseignements issus de notre terrain d’étude. Dans cetteperspective, nous évoquerons successivement trois aspects centraux dans ce type de démarche :leur organisation, les modalités du rapprochement et enfin les intérêts stratégiques pour lesdifférentes parties prenantes, la PME n’étant pas l’unique bénéficiaire de ce type de dispositif.

 

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