BILAN DES REFORMES DU SECTEUR INDUSTRIEL EN ALGERIE

 

P. HAMDAOUI Taous

Maître Assistant chargé des cours à la Faculté

des Sciences Economiques et de Gestion – Université de Annaba

 

Introduction :

            Depuis 1994,  l’économie algérienne est soumise à une politique de stabilisation et d’ajustement structurel, et cela en contrepartie du rééchelonnement d’une partie de sa dette. Les performances macro-financiers (baisse de l’inflation, baisse des déficits du budget et de la balance de paiements) ont été réalisées au prix d’une réduction de la demande interne et en raison de facteurs exogènes (Pétrole et pluviométrie). En parallèle, les ajustements sectoriels se sont poursuivis, touchant le secteur industriel et le système bancaire et financier.

            Dans ce contexte, tirer un bilan du programme de stabilisation et d’ajustement s’avère de grande importance. Il est utile d’exposer les résultats atteints par l’économie et d’évaluer la capacité des mesures prises dans ce programme à placer le secteur industriel (objet de notre préoccupation) sur un sentier de croissance durable.

            En même temps, l’adhésion de l’Algérie à l’OMC et à la zone de libre-échange de l’union européenne exige de nouvelles stratégies d’accompagnement de l’industrie pour permettre son insertion dans la compétition internationale.

A travers une démarche analytique et sans prétendre à l’exhaustivité, nous présenterons dans un premier point les principaux résultats macro-économiques atteints par le P.A.S. le deuxième et le troisième points seront consacrés aux effets de l’ajustement et des réformes sur le secteur de l’industrie et son évolution récente (de 1998 à 2002) caractérisée par le prolongement des tendances lourdes.

 

1. Principaux résultats macro-économique du P.A.S. :

            Au début de 1994, sous l’effet d’une nouvelle baisse du prix de pétrole ; de l’impossibilité de mobiliser des financements extérieurs pour ses importations ; et d’un niveau de service de la dette devenu insupportable, la situation de la balance des paiements a pris un tour dramatique. Face à cette crise de payement et en contrepartie du rééchelonnement d’une partie de sa dette extérieur, les autorités de l’économie algérienne ont été contraintes d’arrêter un programme d’ajustement structurel qui a reçu l’appui du FMI.

Avec le rééchelonnement massif de la dette externe qui a porté sur plus de 16 milliards de dollars en 1994 et 1995, le ratio du service de la dette chutait à 48,6% et à 42,5% en 1994 et 1995 respectivement, tandis que le montant de la dette augmentait d’un niveau de 29,5 milliards de dollars en 94 et atteint 32,5 M$ en 1995 et 33, ;5 M$ en 1996. Les résultats macro-économiques seront ci-après examinés en substance.

Le taux de croissance de l’économie mesuré par l’évolution du PIB est devenu positif depuis 1995, négatif de l’ordre de –2,2% et –0,9% en 1993 et 1994. Ce taux devient positif et atteint 3,9% en 1995 et 4% en 1996 (voir tableau n° 1). Mais la reprise de la croissance et les performances enregistrées (excédent des finances publiques, hausse des réserves de change, libéralisation avancée de la politique de change…) ne sont pas expliqués par l’apport de l’investissement ni l’augmentation de la production dans le secteur industriel hors hydrocarbures.

Ces performances sont induites par des facteurs exogènes, soit d’une part par la hausse des prix des hydrocarbures lesquels représentent 95% des recettes d’exportation et l’appréciation du dollar américain dans lequel sont libellées les exportations d’hydrocarbures. Et, d’autre part, la pluviométrie propice.

Dans ces conditions, la reprise de la croissance demeure conjoncturelle et de support fragile.

            L’absence d’investissements nouveaux amplifiée par le mouvement des licenciements issu de la restructuration du secteur industriel et de service, ont contribué à l’augmentation du nombre de chômeurs qui évaluait autour de 2,3 millions de personnes en 1997 soit l’équivalent de 28 à 29% de la population active.

 

 

Tableau n° 1 : indicateurs macro-économiques (1) (1993 – 1996)

Année

Libellé

1993

1994

1995

1996

PIB (milliards DA)

1166

1472

1966,5

2502

PIB (milliards $)

49,9

42

41,2

45,7

Variation annuelle du PIB (en volume)

-2,2%

-0,9%

+3,9%

+4,0%

Var.ann. du PIB hors hydrocarbures (en volume)

-2,5%

-0,4%

+3,7%

+3%

Taux de chômage

27,1%

27,9%

28,1%

28%

Taux d’inflation (indice des prix à la consommation)

20,5%

29%

29,8%

18,7%

Taux de change annuel moyen (DA/$)

23,35%

35,06%

47,65%

54,75%

Source :annexe statistique au programme du gouvernement. Quotidien El Moudjahid du 7/08/97.

 

            Néanmoins, les indicateurs d’équilibres macro-financiers constituent le résultat positive du P.A.S. menée depuis 94. L’inflation qui a accusé des taux élevés depuis 92, date du débute de la libération des prix réglementés et la suppression du système généralisé des subventions, a progressivement diminué depuis 95, passant de 29,8% à moins de 20% en 96 et autour de 7% en 97. Il s’agit, ici, d’une performance incontestable puisque l’économie algérienne n’a pas connu un taux d’inflation à un seul chiffre depuis une dizaines d’années. Cette situation est obtenue au prix de la contraction de la demande et d’une diminution du pouvoir d’achat des salariés (4,5% en 93 ; 10,7 en 94 ; 6,1% en 95 ; 4,8% en 96). En revanche, la balance commerciale a réalisé un solde positif, passant de 0,2 milliards $ en 95 à 4,1 m$ en 96, année au cours de laquelle le prix du baril a connu une hausse de +23% par rapport à 1995. Apparemment, c’est la position dominante acquise par les hydrocarbures depuis le début des années 70, même au plus bas des cours pétroliers (86-88) les exportations d’hydrocarbures représentait 97% à 95% du volume total des exportations (2). En effet, les produits hors hydrocarbures ne représentent guère plus de 5% du volume total des exportations. Cette situation traduit bien la dépendance de l’économie à l’égard d’une ressource unique dont la valorisation se fixe sur le marché mondial.

 

Tableau n° 2 : Balance commerciale (3) (en milliards de dollars)  

Année

Libellé

1993

1994

1995

1996

Exportation

 (dont hydrocarbure)

10,4

(9,9)

8,9

(8,6)

10,3

(9,7)

13,2

(12,6)

Importation

8,0

9,2

10,1

9,1

Solde

+2,4

-0,3

+0,2

+4,1

Source : idem. Tableau  n°1

            Ces excédents d’exportations dégagés ont permis la reconstitution des réserves de change lesquelles passent de 1,5 milliards $ à 4,2 milliards $ entre 93 et 96 et atteint 8 milliards$ fin 97, soit l’équivalant de onze mois d’importations. Le niveau de réserve a octroyé une relative maîtrise du dinar algérien. C’est ainsi, que la dépréciation du dinar vis à vis du dollar passe à moins de 10% en 1997, contre 15% et 36% en 96 et 95 respectivement.

 

Tableau n° 3 : Evolution des réserves (4) (or exclu) milliard $

Année

Libellé

1993

1994

1995

1996

Réserves en devises (en valeur)

1,5

2,6

2,1

4,2

Réserves (en mois d’importations de biens et services)

1,9

2,9

2,1

4,5

Source : idem. Tableau 1.

 

            En revanche, le succès de la stabilisation macro-économique et le retour aux équilibres macro-financiers n’ont pas empêché la dégradation de la situation sociale et l’échèc de la reprise de la croissance dans le secteur réel. Examinons ci-après les effets de l’ajustement et des réformes sur le secteur industriel.

 

2. Les réformes du secteur industriel :

            Les réformes engagées par la politique économique ont pour objectif la relance de l’économie algérienne et en particulier la reprise de la croissance dans le secteur industriel. Dans ce cadre, favoriser le développement de la petite et moyenne entreprise (PME) a été considérée comme facteur clé susceptible de mobiliser l’épargne vers des emplois produtifs et influencer positivement le marché de travail.

 

2.1. Le constat :

Depuis 1986, l’activité industrielle a été marquée par une baisse chronique du niveau de sa production, les facteurs  ci-après énumérés sont à l’origine de cette situation :

-          La sous utilisation des capacités de production (50% en moyenne) induite par la forte dépendance des approvisionnements (intrants) importés et cela dans une situation de resserrement de la contrainte en moyen de paiement extérieur.

-          Contraction de la demande nationale de plus la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs.

-          La concurrence des produits étrangers (produits alimentaires et textiles) induite par la libération du commerce extérieur.

-          La situation critique de la trésorerie des entreprises aggravée par des découverts importants et croissants.

-          Absence de lien étroit entre l’entreprise et son marché.

-          Le bas niveau de la productivité moyenne du secteur et l’importance de la part de la masse salariale dans la valeur ajouté (42% en moyenne en 1995).

 

2.2. Les retombées du PAS sur le secteur industriel :

            Depuis 1989, à l’exception des hydrocarbures, de l’énergie et des matériaux de construction, toutes les autres branches n’ont pas cessé d’accuser un déclin important dans leur production comme le montre le tableau n° 4 ci-dessous. La production industrielle enregistrée en 97 comparé à celle de l’année 89 a baissé de plus du tiers soit de 35%. Ce constat est révélateur d’une profonde crise que traverse les branches des ISMMEE (Industries  Sidérurgiques, Mécaniques, Electrique et Electronique), des textiles et du bois-liège.

 

 

 

Tableau n° 4 : Evolution de l’indice de la production industrielle (5) 1989 = 100 :

Année

Libellé

1994

1995

1996

Hydrocarbures

106,1

107,4

111,2

Energie

133,1

132,4

132,3

Mines et carrières

82,4

81,1

70

Sidérurgie, métallurgie, mécanique

68,2

74,5

48,9

Chimie, plastique

94,3

86,2

57,6

Agro-alimentaire, tabacs

96,4

89

81,7

Matériaux de construction

86,2

89,7

87,8

Textiles et confection

82,5

73,1

43,4

Cuirs et chaussures

53,5

42,6

23,8

Bois liège et papiers

67,1

60,1

35,2

Indice général

88,5

87,6

73,9

Industrie hors hydrocarbures

84,4

82,9

65,2

Industrie manufacturière

80,3

78,9

59,9

Source : données statistiques de l’ONS. N° 239 janvier 97.

 

            Depuis 1990, la valeur ajoutée industrielle a enregistré une baisse régulière, soit –0,7% ; -5,6% ; -1,3% ; -4,4% et –1,4% sur  une période allant de 1991 jusqu’au 1995. Par ailleurs, la part de l’industrie à la formation du PIB a accusé une modeste augmentation en 90 et 93, passant de 10,4% à 12,1%. Poursuivi d’une tendance à la baisse les deux années suivantes, se situant à 10,5% en 1995. La fermeture et la dissolution d’un non-négligeable  d’entreprises a eu, par conséquent, de lourdes retombées sociales. En 94, on recensait 362 entreprises publiques dans l’industrie contre 374 EP en 1993. Les fermetures ont touchées 6 entreprises des matériaux de construction, 4 entreprises du bois et papiers, 2 entreprises de l’agro-alimentaire. En revanche, la forte réduction de l’emploi dans les grandes entreprises est allégé par la croissance de +15%, en 1994, des effectifs employés dans les petites entreprises. Au cours de la même année, on recensait 26200 entreprises privé dont 4,6% comptait plus de 10 salariés.

Le niveau d’investissement des entreprises publiques a atteint des niveaux trop bas. Il passe de 9 milliards de dinar en 94 et atteint 15 milliards DA en 1995. Par-contre, les projets d’investissements privé positivement influencées par le nouveau code des investissements se sont multipliés. Depuis décembre 1993 et allant jusqu’au juin 96 on  comptait 1478 projets déclarés prévoyant la création de 106000 emplois au coût de 279,6 milliards de DA dont 170 milliards DA représente l’achat des biens et services à l’étranger. A ces investissements nationaux il convient de signaler les efforts fournis pour attirer les investissements directs étrangers. A ce sujet, diverses mesures incitatives sont décidées (dévaluation, exonération fiscale,…). Pour les années 94 et 95, il a été enregistré 78 projet d’investissement directs étrangers dont 14 dans le secteur industriel. En effet, la concrétisation de ces projets reste conditionnée par la situation sécuritaire du pays.

 

2.3. Les contraintes du secteur industriel :

            l’appareil industriel, a faible contribution en matière d’exportation, est massivement dépendante de l’extérieur pour son fonctionnement. La proportion des biens intermédiaires importés à la valeur ajoutée est signifiante et de l’ordre de 58% en 1994. C’est à dire qu’un accroissement d’un dollar de la valeur ajoutée signifie l’importation préalable de 0,58 dollars d’intrants pour l’industrie. De plus, l’entreprise publique se trouve confrontée à une contrainte  aride de la demande dont la contraction s’est généralisée depuis 90 et a atteint un niveau sans précédent depuis les répercussions du rééchelonnement ;et à une contrainte financière dure, (le découvert des EP s’est accentué, depuis 93, il grimpait de 10 milliards DA fin 94 à 92 milliards DA fin 95). En effet, les entreprises sont appelées à la restructuration  en se dotant d’un plan de redressement interne leur permettant de rendre l’outil de production maîtrisable, faciliter la privatisation et créer la concurrence.

 

2.4. Les réformes et la politique industrielle : 

            a des fins de promouvoir l’investissement dans le secteur industriel, un certain nombre de réformes ont été entreprises. Le code des investissement de 1993 unifie les régimes des investissements au profit des opérateurs nationaux (publics / privés) et étrangers. Poursuivi, du décret exécutif n° 94-319 du 17/10/1994 portant attribution, organisation et fonctionnement de l’APSI et la mise en place, en 95, un guichet unique pour assurer une fluidité optimale des opérations d’investissement et être l’interlocuteur privilégié des investisseurs (6) auprès des autorités publiques.

Au titre des réformes importantes, il est également prévu la privatisation de certaines entreprises publiques.

En 1988, la loi sur les EPE réorganise la gestion des entreprises devenues autonomes et soumises au principe de la charte commerciale. La gestion des actions incessible (7) ; jusque là ; de l’état a été confié aux fonds de participation.

Cette situation a changé en apparence à partir de 1996, dès lors et en substitution des anciens fonds de participation, onze holdings ont été mis en place et les actions des entreprises sont devenues cessibles. Près de 400 entreprises ont été réparties entre les onze holdings lesquels assument deux missions principales ; la restructuration du secteur public économique et la privatisation. Le processus de la privatisation est retenu comme principale modalité pour se dessaisir des entreprises déficitaires et déstructurées. Mais en l’absence d’un marché financier viable, les modalités de cession s’avère plus difficiles à définir.

Les priorités de la politique de développement portent sur deux axes (8), la restructuration de l’industrie publique et la promotion de la petite et moyenne industrie privée.

D’une part, la restructuration industrielle consiste à réaliser :

-          Le renforcement des capacités de gestion et de management ;

-          La cessation du soutien du trésor aux entreprises non-viables à titre indicatif le montant global alloué par l’état, dans le cadre de l’assainissement des EPE mais sans répercussion positive et durable sur la croissance, se répartit comme suit (9) :

 

Années

Montant en milliards DA

1991

16,9

1992

68,0

1993

83,4

1994

122,0

1995

148,0

 

D’autre part, la promotion de la petite et moyenne industrie réside en la mise en place de mécanisme de soutien à l’investissement, en particulier par la création :

-          d’un fonds d’études de faisabilité qui consiste en l’octroi, aux futurs investisseurs, de crédits remboursables destinés à financer les études techniques de pré-investissement.

-          d’un fonds d’aide à la création de PME.

 

2.4.1. Processus de privatisation :

Au niveau macro-économique, la privatisation a pour objectif le renforcement des mécanismes de marché, en particulier, la concurrence permet à l’entreprise de fonctionner entant qu’institution rationnelle et créatrice de richesse.

Du point de vue de la politique économique, la privatisation des entreprises publiques a été prévue. A cette fin l’ordonnance n° 95-22 du 26/08/1995 relative à la privatisation des entreprises publiques a été promulguée. Elle vise à :

 

-          Limiter l’intervention de l’état et élargir la place du secteur privé.

-          Contribue à la restructuration industrielle et redressement des EPE par le partenariat à travers la prise de participation des capitaux privés nationaux et étrangers dans les EPE.

Les opérations de  privatisation des EPE ont été engagées en avril 1996. 117 entreprises parmi 274 entreprises et activités, ont été privatisées sous différentes formes.

La privatisation a été relancer en 97, la liste des entreprises a privatisé a été publiée. Le secteur des services, des matériaux de construction, de réalisation des grands travaux et de l’agro-alimentaire sont les plus touchés.

 

3. Secteur industriel face au prolongement des tendances lourdes (98-2002) :

            En ce qui concerne les branches lourdes industrielles, la situation de récession et de désinvestissement qui dure depuis quelques années est de  plus en plus préoccupante, réduisant toute opportunité de reprise économique ou de redressement durable.

Le taux de croissance globale (10) de l’année 1999 de l’ordre de 2,8% demeure inférieure aux prévisions établies dans le cadre de la loi de finance 1999 qui était de plus de 6% et au taux de croissance réalisé en 1998.

En terme de contenu de la croissance par branche industrielle le tableau n° 5 le montre.

 

 

 

 

Tableau n° 5 : Croissance par branche :

 

Branche
Année

Sidé.

Métal

M écan.

métal.

Elect.

Agro-alim.

Textile

/cuirs

Chimie/pharm.

Bois/ pap.

Mat.de.constr.

1998

5,80%

18,10%

18,30%

13,10%

1,10%

23,20%

-2,30%

5%

1999

18,10%

12,20%

-9,60%

-1,9%

-15,80%

-2%

-11,70%

-2,7%

Source : CNES, rapport de conjoncture économique du 1er semestre 2000.

 

Il a été enregistré le recul sensible de la production industrielle du secteur public  (-1,5%). Ce dernier continu a affronté le découvert bancaire qui est passé de 18 milliards dinars à fin décembre 98 à 23 milliards DA à fin 1999. Ce découvert touche le noyau dur de l’industrie à savoir les ISMMEE, et cela, en dépit des mesures appliquées telles que les fermetures d’unités et  les compressions d’effectifs. Cette situation a suscitée de lourdes retombées sociales, le chômage à fin 1999 touchait 3 millions de personnes.(11)

Par-ailleurs, au cours de l’année 2001, l’environnement de l’entreprise s’est caractérisé par les modifications introduites par les ordonnances promulguées. La première a porté sur le nouveau dispositif d’organisation, de gestion et de privatisation des EPE en remplacement des ordonnances de 1995 ; sa mise en œuvre a donné lieu à la dissolution des dix holdings publics et la création de 28 sociétés de gestion de participation SGP. La seconde a concerné la promotion de l’investissement en la mise en place de l’ANDI (Agence Nationale de Développement de l’Investissement) en remplacement de l’APSI.

Comparativement à l’année 2000, la production industrielle a augmenté de 0,9% au cours de l’année 2001. Le secteur privé avec une augmentation de 4,5% se retrouve à l’origine de cette croissance, et cela, contrairement au secteur public qui a connu une baisse de 0,7%. Le tableau n° 6 montre l’évolution par branche de l’année 2001 par rapport à 2000.

Branche

Année

Sidé.

Métal

M écan.

métal.

Elect.

Electro.

Mat.de constr.

Agro-alim.

Textiles/cuirs

Chimie

Pharm.

2001 par rapport à 2000

+8,6%

+22%

+5%

+0,4%

-12,8%

-14,7%

+7,4%

Découvert bancaire 2001 en milliards DA

14

43,3

13,3

/

/

15,4

/

Excédent de trésorerie 2001 en milliards DA

/

/

/

14

28,6

/

/

Source : CNES, rapport de conjoncture économique du 2ème semestre 2001.

 

Le secteur industriel continu de s’inscrire dans le prolongement des tendances lourdes qui touchent l’économie nationale. Cette situation interpelle les pouvoirs publics sur l’urgence d’une solution durable qui porte sur :

-          Une clarification en matière d’organisation, de gestion et de privatisation des EPE.

-          Une accélération de la privatisation des EPE qui connaissent des problèmes chroniques de marché.

-          L'intensification des programmes de mise à niveau des PME/PMI dans le but d'améliorer leur compétitivité pour constituer un effet de levier aux exportations hors hydrocarbures.

 

3.1- Programmes de mise à niveau des entreprises.

Le ministère de l'industrie et de la restructuration industrielle a mis en place un certain nombre de programme d'appuis, d'aide et de soutien aux entreprises désireuses d'améliorer leurs performances industrielles et de se positionner sur le marché international(12). Dans ce cadre, le programme de mise à niveau pour le développement de la compétitivité industrielle* vise à préparer l'environnement des entreprises à son insertion dans l'environnement OMC et aux espaces de libre échange. A cet effet, la signature en décembre 2001 de l'accord d'association avec l'union européenne marque l'entrée de l'économie algérienne dans la compétition industrielle mondiale.

Le mouvement de réduction de droit de douanes a commencé en janvier 2001, et dans un intervalle de 12 années, d'après l'accord d'association avec l'union européenne, les barrières douanières seront définitivement  éliminées pour l'ensemble des produits industriels, le défi est énorme pour les entreprises algérienne, car conquérir des marchés à l'extérieur s'avère malaisé compte tenu du niveau de performance des entreprises internationales lesquelles viendront prendre le marché nationale (actuellement l'industrie alimentaire).

Le dispositif de soutien de l'entreprise porte sur la modernisation de l'outil de production et sur des actions qualitatives (certificat ISO, formation managérale, plan marketing, communication….). le compte d'affection spéciale "fonds de promotion de la compétitivité industrielle" a été alimenté dans le cadre de la loi de finance 2002 pour un montant de 2 millions de DA. Les aides se feront par le comité nationale de la compétitivité industrielle en fonction des fonds disponibles.

 

Conclusion:

Pour conclure, nous proposons quelques remarques:

-                  La politique de stabilisation menée depuis 1994 a bénéficie de factures exogène favorable (pétrole, pluviométrie). Cette politique a permit de rétablir de façon précaire les équilibres macro-économiques. Par contre, la stabilisation pour être durable nécessite une croissance économique forte qui repose sur la relance continue de l'économie réelle.

-                  Selon le CNES, la crise que connaît le secteur industriel est due(13) à l'obsolescence des technologies utilisées qui datent des années 70, et au déficit en management des entreprises notamment dans les domaines de la gestion, de l'innovation et du marketing. Cette crise est aussi la résultante de l'absence d'une relance réelle des investissement et de la lenteur dans les opérations de mise à niveau de l'outil de production, ainsi que du  marque de vision claire sur les projections futurs du développement du pays et le rôle du secteur industriel dans ce développement (La PME/PMI, en particulier).

-                  L'adhésion de l'Algérie à l'OMC et à la zone de libre échange  de l'union européenne impose à l'entreprise algérienne d'arrêter une stratégie prospective tournée vers l'étranger. La compétitivité est aujourd’hui mondiale. Dans ce cadre préparer  l’entreprise à affronter la concurrence internationale consiste à mettre à nouveau, à la fois, l’entreprise et son environnement, ce dernier restant encore marqué par la lourdeur de la gestion et de l’inertie des structures.

-                  En ce qui concerne l'investissement étranger, notre pays en terme d'attractivité est classé (14) au rang 91 sur une liste de 140 pays bien loin derrière la Lybie, le Maroc, la Tunisie. De plus les défis lancés par l'OMC dans le cadre de la mondialisation. Cette situation impose la correction des distorsions qui  pénalisent notre économie et la rendent moins attractives et, en particulier, la promotion d’activités nouvelles d’exportation utilisant les avantages comparatifs propres lesquels seront transformer en avantages compétitifs.

-                  En ce qui concerne les échanges extérieurs, le volume des exportations reste caractérisé par le poids prépondérant des exportations d’hydrocarbures. Atteindre un niveau d’exportation hors hydrocarbures de 2 milliards $, affichés par les pouvoirs publics, ne sont pas encore atteints.

-                  La privatisation des entreprises publiques son être menée judicieusement, nécessite l'existence, au préalable, d'une épargne signifiante, de marché financier de taille et viable, d'un système bancaire efficient et d'une économie stabilisée et aussi d’entreprises économiques rentables. En l'absence des conditions sus évoquées, la cession des actions des entreprises publiques s'avère coûteuse et entachée d'aléa de risque.

 

 

 

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 

1)      Rabah ABDOUN: Un bilan du programme de stabilisation économique en Algérie (94-98) P. 29. Cread n° 46 (1er Trim 99)

2)      L. MEKIDECHE: Exportation des hydrocarbonés et restructuration industrielle en Algérie enjeux , stratégie. L'économie n° 14.

3)      RABAH Abdoun: Idem P .30

4)      Idem.

5)      Ahmed Bouyacoub: Les stratégie industrielle en Algérie en matière d'environnement P. 88. Créad n° 45 (3eme Trim 98).

6)      Sont considérés comme investissement toutes les opérations de création nouvelle de société d'extension des capacité de production d'une société existante, de restructuration d'une société existante ou de sa réhabilitation.

7)      Abdellatif BENACHEHON: Bilan d'une réponse économique inachevée en  méditerranée P. 27. Cread n° 46 du 1er trim 99.

8)      Rabah ABDOUN id P .36.

9)      Cherif CHAKIB: La restructuration industrielle nécessité d'une approche systémique P.48 Cread n° 41 3eme Trim. 97.

10)  CNES, rapport de conjonction économique du 2eme semestre 1999.

11)  CNES, idem.

12)  M. Akroun; revue économique « Qui fait quoi ». novembre 2002.

13)  CNES: projet de rapport de conjonction du 2eme semestre 1999.

14)  Quotidien liberté du 16 Mai 2000.

 



[1] نادر فرجاني " آثار إعادة الهيكلة الرأسمالية على البشر في البلدان العربية". مجلة التنمية و السياسات الإقتصادية – إصدار م.ع.ت. المجلد 1- العدد 1- ديسمبر 19987 – ص 51-52.

[2] د. سميرة إبراهيم أيوب " صندوق النقد الدولي و قضية الإصلاح الإقتصادي و المالي – دراسة تحليلية تقييمية " – مركز الإسكندرية للكتاب – 2000 – ص.

* بمعنى آخر أن هذه الإجراءات أو السياسات التي تكفل تحقيق التوافق بين مستوى الطلب الكلي و هيكل توزيعه، و مختلف الأهداف الإقتصادية العامة المحددة من قبل الدولة في مجال الاستثمار و النمو الاقتصادي.

[3] انتقالية و استشفاف " التحولات الهيكلية في الإقتصاد حالة المكسيك و نيجيريا " 1995 – ص 45.

[4] د. يونس أحمد البطريق " في المالية الدولية " – الدار الجامعية للطباعة و النشر و التوزيع" الإسكندرية 1993 – ص 175-176.

[5] Dhram Ghai « The IMF and the South «  - the social impact of crissis and adjustment » UN reasearch institute 1991 – P 33-37.

[6] Balassa. B « Structural ajustement policies in devloping contries » world development vol 82 – jan 1983, P 23.

  • Media Bank_ publication spéciale_ Mars 2001.Communication du gouverneur de la B.A/ M.A Keramane a l’assembleé populaire national –
  • * حيث أن الإقتصاد الوطني هو دائما شديد الحساسية لتقلبات أسعار البترول فإنه من الملائم أولا الاحتراس ضد هذه المخاطرة، و في انتظار أن يأتي هذا الضمان من تغيير عميق لهيكل جهاز المنتج، فإن إجراءات وقائية قد اتخذت في ميدان الميزانية و المتمثلة بإنشاء " صندوق ضبط إيرادات (FRRB) الذي يكون أداة ذات أهمية كبرى و الذي يجب تعزيز مصداقيتها، بالضبط في الوقت الذي يرتفع فيه البترول و هذا ما يسمح بتراكم الادخار المالي للدولة لدى بنك الجزائر.

 

[7] غالبا ما يحسب هذا النزوع بالقياس إلى المعطيات الإنسانية عند تاريخ إنجاز مختلف الوحدات، و هذه القدرات التي غالبا ما تكون قدرات نظرية نادرا ما تحرزها الوحدات المماثلة المنجزة في البلد الذي ينشئها، و الملاحظة هو أن وحدات المصانع قد تعرضت في غالب الأحيان منذ انشائها إلى الشيخوخة و عمليات تحويل و تكييف لم تؤخذ في الحسبان في تقدير كفاءاتها الإنتاجية، و نسجل أخيرا أن ما يجري في كثير من الفروع هو الإستمرار في حساب الوحدات التي يتوفر لها مواد أولية لكي تشتغل و تسير عاديا، و اعتبار تلك بمثابة قدرات إنتاجية سلبية أو وحدات قديمة، أي احتساب الوحدات التي لا تجد لمنتجاتها أسواقا ضمن ذلك، و عليه فمن الضروري القيام بتحسين القدرات الإنتاجية للحصول على نظرة أو صورة أوفى عن واقع القدرات الإنتاجية، و تجدر الإشارة أيضا إلى أن المستخدمين و العمال يشكلون قدرة إنتاجية ذات أداء جيد بقدر أو بآخر لنط تكوينهم و تدريبهم و حوافزهم.

[8] المجلس الوطني الإقتصادي و الإجتماعي : تقرير عن الظروف الإقتصادية و الإجتماعية في السداسي الأول 1996، ص10.

[9] يمكن تقديم تفسير لشرح المردودية في فرع مواد البناء و يبدوا فيما يخص الإسمنت أن سعره قد حدد بمستوى يسمح للمؤسسات بإحراز نتائج صافية إيجابية، بل و يبدوا أن المستوردين هم الذين يسعرون أسعارهم وفق سعر الإسمنت المنتج محليا مما ساعدهم على إحراز أرباح زائدة.

[10] Revue Cread : Ajustement  et  emploi  au  Maghreb  N° 37  Decembre  1994 :  P 09

[11]  هاشم جمال : السوق البترولية وإنعكاساتها على الإقتصاد الجزائري : رسالة ماجستير معهد العلوم الإقتصادية سنة  1989.

 [12]  L’Economie : La nouvelle politique  des prix dans cadre des réformes économiques  N° 26  1995 APS

[13]  رياض دهال : بلقاسم العباس : البطالة وبرامج التصحيح الهيكلي في بعض الأقطار العربية ندوة حول "تنظيم ونمذجة أسواق العمل ودينامكية اليد العاملة في البلدان العربية . القاهرة 26 ـ 27 ماي 1997

 

* ) قام أكثر من مائة بلد في جميع القارات بخوصصة ما يقدر بحدود 75 ألف مؤسسة كانت تملكها الدولة .

* الحديث في هذا البحث حول الأسواق المنظمة، لأنه توجد أسواق غير منظمة حيث يتم التعامل فيها بدون مكان معين وتتولاها بيوت السمسرة و موضوع تعاملها الأوراق المالية غير المسجلة في الأسواق المنظمة (البورصات).

* Ces études disponibles réalisées sur la compétitivité des entreprises sont ceux de l’INPED. Au titre de constat, il est noté la stagnation de l’économie algérienne tout au long des dernières années et l’écart négatif important de productivité par rapport aux pays du bassin méditerranéen.