L’Algérie dans les romans de Jules Verne                                       

                    -Hector Servadac comme exemple-

نبيل حويـلي.

مولود معمريتيزي وزو-

 

 

La problématique :

Le choix du voyage et de sa littérature n’est pas anodin. La littérature de voyage évolue toujours au rythme de la conception même du voyage. Et depuis quelques décennies, l’évolution des transports et la multiplication des déplacements modifient la façon dont nous appréhendons l’espace.

     L’homme de tout temps a toujours été mû par le désir de découvrir d’autres contrées, d’autres hommes et de témoigner de ce qu’il a vu. Ce qui fait que les récits de voyage et la littérature de voyage ont constitué un genre littéraire important qui interpelle. Les sédentaires et les « casaniers » ont besoin de rêver et sont curieux du mode de vie et de la culture des autres.

     La littérature de voyage existe depuis que des hommes et femmes curieux parcourent le monde, le décrivent et le racontent au gré d'itinéraires fixés d'avance ou inventés chaque jour. Au sein de la littérature de voyage, le récit de voyage est devenu dans certains pays un genre littéraire à part entière à l'égal de la fiction romanesque, et parmi ces voyages littéraires ceux du grand écrivain français Jules Verne.

     Jules Verne a séduit beaucoup de lecteurs grâce a son imagination et ses voyages à travers les différents lieux de la planète, racontant ainsi l’histoire du pays, sa révolution, ses traditions, ses coutumes,…Dans un siècle qui compte des génies comme ''Balzac'', ''Dickens'', ''Dumas'', ''Tolstoï'', ''Dostoïevski'', ''Flaubert'', ''Stendhal'', ''Zola''. Pour ne citer ses noms parmi ceux des grands maîtres de ce siècle du roman. Le roman d’Hector Servadac apparait un peu en marge comme un prodigieux ouvrage réalisé par un artisan en matière de fictions, comme un enchanteur aux charmes inépuisables et dans une certaine mesure comme un voyant capable d’imaginer. Ce roman se déroule un peu partout dans une Algérie colonisée mais qui tenait tête à une grande puissance nommée la France. Nous allons essayer d’analyser ce roman en répandant à quelques questions : comment se présente ce voyage extraordinaire? Comment se présente la dimension communicationnelle du voyage littéraire? Quelles barrières ce récit de voyage avait-il franchies?

1-    Les définitions :

1.1-       Littérature de voyage :

     Un récit de voyage ou relation de voyage est un genre littéraire dans lequel l'auteur rend compte d'un ou de voyages, des peuples rencontrés, des émotions ressenties, des choses vues et entendues. Contrairement au roman, le récit de voyage privilégie le réel à la fiction. Pour mériter le titre de « récit » et avoir rang de littérature, la narration doit être structurée et aller au-delà de la simple énumération des dates et des lieux (comme un journal intime ou un livre de bord d'un navire). Cette littérature doit rendre compte d'impressions, d'aventures, de l'exploration ou de la conquête de pays lointains.

     ''Le récit de voyage et le carnet de voyage évoquent le déplacement d'un lieu à un autre, un espace ou un milieu à explorer, un départ et souvent un retour, inscrits dans une durée déterminée. Pour garder le souvenir d'un voyage, on en fait le récit, on en montre des photos, des images dessinées sur le vif, des collections d'objets… L'écriture de ce voyage est l'occasion de faire découvrir au lecteur les impressions ressenties ; elle incite à confronter le rêve à l'expérience, c'est une invitation à l'évasion''. [1]

1.2-       La science-fiction :

      C’est paradoxal, mais la science-fiction est née avant qu’on la définisse comme un genre littéraire à part entière, au XIXème siècle, au moment où se développe la société industrielle. La croyance envers le progrès devient, en Occident, le nouvel imaginaire de la société [2]. Les romans de Jules Verne incarneront le mieux cette croyance. L’ode à la science qu’il met au centre de son œuvre fera vibrer des générations entières.

1.3-       Le roman de science-fiction :

     Lorsque l’on parle du futur ou de l’avenir dans les Voyages extraordinaires, c’est souvent avec en tête, sinon l’idée d’un Jules Verne auteur de science fiction, en tout cas celle d’un Verne auteur d’anticipation.[3] ''Dans le roman de science-fiction, l’histoire se déroule dans le futur ou dans un autre monde.  On fait également appel à la science pour expliquer les phénomènes décrits dans ce type de roman.  Toutefois, le profil psychologique des personnages demeure réaliste. On confond souvent roman de science-fiction et roman d’anticipation''.[4] Contrairement au premier, le deuxième, bien qu’il se situe dans un avenir plus ou moins rapproché, ne s’appuie pas sur l’apport de la science.

1.4-       L’imagination :

     ''L’imagination ou connaissance de l’image vient de l’entendement ; c’est l’entendement, appliqué à l’impression matérielle produite dans le cerveau, qui nous donne une conscience de l’image. Celle-ci n’est d’ailleurs pas posée devant la conscience comme un nouvel objet à connaitre, en dépit de son caractère de réalité corporelle : cela rejetterait en effet à l’infini la possibilité d’un rapport entre la conscience et ses objets. Elle possède cette propriété étrange de pouvoir motiver les actions de l’âme ; les mouvements du cerveau, causés par les objets extérieurs, quoiqu’ils ne contiennent pas leur ressemblance, éveillent dans l’âme des idées ; les idées ne viennent pas des mouvements, elles sont innées dans l’homme ; mais c’est à l’occasion des mouvements qu’elles apparaissent dans la conscience''.[5]

2-    Le résumé d’Hector Servadac :

     « Hector Servadac, Voyages et Aventures à travers le Monde Solaire » est l'un des plus fous des Voyages extraordinaires de Jules Verne. Ce roman se passe... sur une comète. Une relecture de ce roman s'impose dans le contexte actuel.
     En Algérie française, un différend opposa le capitaine Servadac au comte Timascheff au point que les deux hommes se sont défiés en duel. La veille de leur confrontation, Servadac est retourné comme chaque soir à son gourbi, une maisonnette qui se tenait à une petite dizaine de kilomètres d’Alger et où il avait ses quartiers avec son second, Ben Zouf, pendant la durée de sa mission de topographe. 
     Survint alors un événement extraordinaire que les deux hommes prirent d’abord pour une simple tornade avant de se rendre compte que la terre sur laquelle ils avaient le pied montrait maintenant des caractéristiques comme ils en connaissaient à d’autres planètes et que le lieu où ils étaient se réduisait désormais à une île, forçant la constatation que l’Afrique du Nord avait disparu sous les eaux!!!                                                                      
      Servadac et Ben Zouf étaient-ils les seuls survivants d’un cataclysme qu’ils ne s’expliquaient pas encore ? Ils comprirent bientôt que non en retrouvant le comte Timascheff lui aussi tout aussi incrédule devant la situation et se joignant à lui et à ses hommes pour affronter en groupe les surprises que leur réserverait encore sans
 doute leur Terre devenue terre inconnue et imprévisible…    Hector Servadac et ses compagnons visitèrent la cote algérienne, Tenez, Cherchell, Koleah, Tipaza, Sidi Ferruch,… le Sahel, Bouzaréah, la plaine de Mitidja, Douera, Boufarik, Blida, les grottes légendaires de Mozaia que les Kabyles fréquentaient autrefois. De même pour le Rocher noir, Dellys, la chaine montagneuse de Djurdjura avec toutes les espèces d’arbres et les lions, tigres, léopards, hyènes, et chacals,… la petite Kabylie avec les pentes de Gouraya, Collo l’ancien port de Constantine, Stora le port de Philippeville, ni Bône, de Calle, célèbres par l’importance industrie de ses couraille.

3-    La biographie de Jules Verne :

     Jules Verne a écrit quatre-vingts romans et publié plusieurs grands ouvrages de vulgarisation comme géographie illustrés de la France et de ses colonies.[6] Il  est né à Nantes (Loire-Atlantique), dans le quartier de l'île Feydeau, le 8 février 1828. Il est le fils de Pierre Verne (originaire de Provins), avoué, et de Sophie Allote de la Fuÿe, d'une famille bourgeoise nantaise de navigateurs et d'armateurs. Jules Verne est l'aîné d'une famille de cinq enfants, comprenant son frère Paul, et trois sœurs : Anna, Mathilde, et Marie.[7] Il commence à écrire, des poèmes, une tragédie en vers. À 20 ans, il déménage à Paris pour y terminer ses études. Il est bachelier en Droit puis licencié en 1850. Il y fréquente les milieux littéraires, et fait la connaissance d'Alexandre Dumas. Jules Verne, qui vient de terminer son droit, refuse de succéder à son père à sa charge d'avoué: Il fera une carrière littéraire. Il fréquente la Bibliothèque nationale, se passionnant pour la science et ses découvertes les plus récentes et se lie avec Jacques Arago, ancien explorateur, romancier, auteur dramatique. En 1851, il publie ses premières nouvelles dans la revue Le Musée de famille.[8]

     En 1856, il fait la connaissance d'Honorine Morel, veuve du Fraysne de Viane, âgée de vingt-six ans et mère de deux enfants. Il l'épouse en 1857; de cette union naîtra l'unique enfant de Jules Verne, Michel, le 3 août 1861. En 1862, Jules Verne soumet à l'éditeur Pierre-Jules Hetzel son roman cinq semaines en ballon ce roman connaît un succès triomphal, au-delà des frontières françaises.[9] Commence alors vraiment sa carrière: Il signe avec Pierre-Jules Hetzel un contrat qui le lie pour 20 ans avec l'éditeur, dans lequel il s'engage à fournir des romans notamment pour la revue le Magasin d'éducation et de récréation.[10] Le 16 mars 1867, en compagnie de son frère Paul, il embarque sur le Great Eastern à Liverpool pour les Etats-Unis. Jules Verne continue toutefois d'écrire. Il s'installe à Amiens. De juin à août 1878, il navigue de Lisbonne à Alger sur le Saint-Michel III, puis en Écosse, Norvège et Irlande en 1880 comme il fait un grand tour de la Méditerranée en compagnie de son épouse en 1884.[11] Inspiré  par l'Algérie où il fit 2 courts séjours, en 1878 et 1884. Ainsi, a-t-il visité Alger, Oran, Mostaganem et Annaba Le diabète l'emporte, et Jules Verne s'éteint le 24 mars 1905 à Amiens dans sa maison du 44, boulevard Longueville (aujourd'hui boulevard Jules-Verne).[12]                

4-    La géographie du roman :

     L’action romanesque est très régulièrement située et chaque roman comporte une topographie spécifique qui lui donne sa tonalité propre. Le romancier choisit de situer action et personnages dans un espace réel, ou à l’image de la réalité.[13]  Or le lieu ou se déroule l’action romanesque est une partie des rives de la méditerranée, dans une comète appeler Gallia, une île enclavée dans une mer qui avait englouti le continent. Au début de la transformation géologique, la capitaine Servadac et son ordonnance Ben Zouf se trouvaient à l’ouest d’Alger, plus exactement dans la ville de Mostaganem. Les deux hommes commencèrent leur expédition afin d’analyser et de réaliser ce qu’est vient de se passer, par les rives plaines du grand Chéliff  au près des arbres fruitiers telles que : figuiers, vignes, cerisiers, organiers, citronniers,… qui pendaient à portée de leur mains. Ensuite, ils atteignaient Mazagran et Orléonsville. ''Après avoir contourné la petite baie créée nouvellement par la rupture de la rive, ils retrouvèrent la berge du fleuve précisément en face de la place qu’aurait du occuper la commune de mixte de Ammi-Moussa, l’ancienne Khamis des Béni-Ouragh. Mais il ne restait pas un seul vestige de ce chef-lieu, ni même du pic de Mankoura,… de l’importante bourgade de Memounturroy de la ville côtière de Tenez,…après un parcours de trente-cinq kilomètres, les deux compagnons avaient atteint les montagnes de Dj Merjejah au pied du petit-Atlas. Le lendemain, ils remarquèrent la disparition de quatre bourgades sur la côte : Callât-Chimah, Agmiss, Marabout et Pointe-Basse''.[14]  

      Hector Servadac et son ordonnance Ben Zouf rencontrèrent le lieutenant Procope, le comte Timascheff et leur équipage sur la ''Dobrima'', un bateau à vapeur. Ils décidèrent de continuaient leur inspection ensemble ''La Dobrima'' avait évidemment passé devant les points qu’auraient du occuper, sur la cote algérienne, Tenez, Cherchell, Koleah, Tipaza, Sidi Ferruch. Cependant, pas une de ces villes n’avait apparu dans le champ des lunettes. La mer s’étendait à l’infini, là ou le continent aurait du arrêter ses flots, ils arrivèrent  à 36° 47’ de latitude et à 0°44’ de longitude, c'est-à-dire à la place qu’aurait du occuper Alger.''[15] La Dobrima naviguait là ou devait jadis s’étendre le Sahel, Bouzaréah, la plaine de Mitidja, Douera, Boufarik, Blida, les grottes légendaires de Mozaia que les Kabyles fréquentaient autrefois. De même pour le Rocher noir, Dellys, la chaine montagneuse de Djurdjura avec toutes les espèces d’arbres et les lions, tigres, léopards, hyènes, et chacals,…ni la petite Kabylie avec les pentes de Gouraya, ni Collo l’ancien port de Constantine, ni Stora le port de Philippeville, ni Bône, ni de Calle, célèbres par l’importance industrie de ses courailles.''[16]    

     La diversité des possibles spatiaux se lit clairement dans le cas d’un écrivain comme Jules Verne. Hector Servadac s’inscrit dans une série de voyages extraordinaires dont le projet d’ensemble se trouve soumis d’emblée à des contraintes d’ordre technique. Le voyage imaginaire peut jouer en effet soit sur l’axe temporel, soit l’axe spatial, soit sur les deux conjointement. Telle est le cas de voyage imaginaire d’Hector Servadac qui offre une fantastique expédition et une magnifique exploration terrestre et marine.        

5-   Le temps romanesque :

      Avec l’espace, le temps est le deuxième concept qui nous permet d’ordonner nos perceptions en une représentation du monde. On a souvent voulu voir dans la peinture un art de l’espace et dans le roman un art du temps. ''Jean Hytier'', cherchant une définition recevable, notait à ce propos qu’un roman est d’abord : « une œuvre de langage qui se déroule dans le temps ».[17] On peut à la rigueur imaginer un roman qui tairait tout indice spatial ; on n’en imagine pas un qui échapperait à tout ordre temporel. Le roman représente une suite d’événements enchaînés depuis un début jusqu’à une fin et l’étude de l’organisation narrative nous a déjà montrer les liens qui existent dans une écriture linéaire entre les ordres logiques et chronologiques.

5.1-       Jules Verne, Le visionnaire : 

      Opposer à l’image d’un Jules Verne ancré dans son temps et qui en transmet les découvertes celle d’un écrivain visionnaire qui était en avance sur les avancées technologiques de son époque. Faire la liste de tout ce qu’il a imaginé et qui s’est effectivement réalisé : le voyage sur une comète, les sous-marins, les communications à distance... Revisionner l’extrait avec ''Clervoy'' pour montrer ce qui est proche de la réalité actuelle et la part d’erreur dans l’imaginaire. Se demander si cette dimension prophétique n’a pas condamné Verne à être lu comme un auteur d’anticipation, un des inventeurs de la science-fiction.

5.2-       Le temps de l’écrivain :

     On admet sans peine l’influence qu’une époque donnée, qu’une mode littéraire exercent sur un écrivain ainsi que les variations subies par les œuvres selon qu’elles sont écrites au début de la vie d’un romancier ou à la fin de son existence. Or la rédaction d’un ouvrage s’étend souvent sur plusieurs mois et même sur une longueur d’années. Les conceptions que Jules Verne se fait de la vie, du sujet du voyage extraordinaire qu’il imagina dans une Algérie colonisée par sa patrie d’origine à savoir la France, lorsque Survint un événement extraordinaire : l’Afrique du Nord avait disparu sous les eaux !!! Mikhaïl Bakhtine à clairement rendu compte de ces différences de temps en écrivant : «l’auteur-créateur se meut librement dans son époque. Il peut commencer son récit par le commencement, la fin, le milieu, partir de n’importe quelle moment des événements qu’il représente, sans détruire pour autant le cours objectif du temps. C’est là que se révèle avec une grande clarté la différence entre le temps qui représente et celui qui est représenter». [18]

5.3-       Futurisme

     Lorsque l’on parle du futur ou de l’avenir dans les Voyages extraordinaires, c’est souvent avec en tête, sinon l’idée d’un Jules Verne auteur de science fiction, en tout cas celle d’un Verne auteur d’anticipation. Plus que de futur, c’est donc de futurisme dont il est question. ''Lucian Boia'', dans un article du Bulletin de la Société Jules Verne, écrivait que :

     « L’œuvre de Jules Verne s’inscrit dans le présent. Il ne parle pas de l’avenir, ou s’il le fait, il s’agit d’un avenir tout proche, et en tout cas très semblable au présent. Ses anticipations ses inventions ne servent pas pour construire une société essentiellement différente de la nôtre. Elles sont plutôt les outils d’une évasion de certains héros exceptionnels»[19] et pour l’aspect futuriste de l’œuvre de Jules Verne, il faut tout de même rappeler deux choses :

1° ''L’avenir proprement historique ou chronologique lointain est effectivement absent dans le sens qu’il n’est pas « représenté » par une histoire, encore moins par une intrigue. En revanche, comme tant d’autres choses, et non des moindres, la question du futur apparaît dans la bouche de personnages, voire dans les exclamations lyriques ou les verbiages didactiques de la cohorte des narrateurs, comme cet article s’efforce de le démontrer''[20]. A défaut de nous projeter dans le futur tels les voyageurs de Wells ou de Barjavel, Verne s’attache à imprégner le présent de l’histoire, voire même celui de la narration, de ce plus tard, de cet au-delà de cette époque, voire d’un au-delà de cette narration, de ce livre ! 

2° L’avenir ne concerne pas que des temps lointains et une société entière. La façon dont un être humain appréhende son propre espace temporel est également un élément primordial du chrono tope[21].

     Jules Verne pour les oppositions entre les temps, lesquels seraient marqués par des lieux : a vraiment frôlé le thème des mondes parallèles. A ceci près que pour lui, ces mondes sont parallèles physiquement, mais l’un est forcément en retard sur l’autre au niveau du processus historique. C’est ce même phénomène qui se met en route dans Hector Servadac, lorsqu’il apparaît évident que les Anglais vont continuer à vivre sur le même rythme que celui qu’ils connaissaient sur terre -même si ce rythme est accéléré malgré tout, les journées faisant deux fois moins d’heure : mais il est clair que les Anglais font semblant-. En revanche, tous les autres représentants des nations, en tout cas les Français et les Russes, vont s’efforcer de s’adapter aux journées plus courtes de la comète.

 

5.4-         Le temps de la fiction historique :

     Pour l'historien, le récit de voyage est également une source historique qu'il convient de conceptualiser et d'analyser. Les récits de voyage apportent des éléments précieux pour éclairer l'histoire des relations internationales, l'histoire sociale et politique de régions traversées par le voyageur, voire l'histoire des cultures matérielles, de l'alimentation, des religions etc...

          

     Le temps de la fiction, ou temps raconté, représente la durée du déroulement de l’action. Facteur déterminant, il permet à la fois la transformation des situations narratives et des personnages qui leur procure un soutien figuratif. Selon les romans, il couvre une période de quelques heures, de quelques jours, d’un mois ou bien s’étend sur des années voire sur plusieurs générations d’une même famille. [22]

     ''Le temps de la fiction détermine une chronologie qui se révèle, la plupart du temps, à une lecture attentive. Notons toutefois que certains romans se veulent véritablement a-chronologiques et que le lecteur ne trouve pas toujours alors un quelconque repère de datation. Dans les cas les plus fréquents cependant, le romancier prend soin de fournir clairement une série de jalons temporels qui ponctuent le déroulement de l’action''. [23] Observer qu’un roman est une « histoire racontée par quelqu’un » présente déjà, sous l’apparente simplicité des termes, deux notions essentielles qu’il ne faut pas confondre. Un roman est la narration d’une fiction. On entendra par fiction ce qui est conté dans le roman, l’ « histoire » si l’on veut, et par narration la manière de conter, ce que certains appellent aussi le « discours ».[24]

     Jules verne poursuit son aventure dans une Algérie colonisée mais une Algérie qui résistait avec ses hommes et ses femmes, à l’image de la révolution menait par deux noms légendaires à savoir ''Cheikh El Mokrani'' et son compatriote ''Cheikh El Haddad'' dans la région de Bordj et de Bogie deux régions frontalières de la petite Kabylie. ''L’homme juste, aux grands principes religieux et humains. Cheikh Aheddad, le vénéré.

          Sans vouloir revenir sur l’engagement patriotique aux côtés du grand El Mokrani, des pages d’histoire connues grâce aux nombreuses  publications sur la révolte algérienne de 1871 et sur les retombées arbitraires qui ont suivi, il est des  détails sur la vie de Cheikh Aheddad que nombre de lecteurs ne connaissent pas avec une aisance d’écriture qui se rapproche de la narration orale. Ainsi, Cheikh Aheddad a fait ses premières classes dans la zaouïa d’Immoula dans le voisinage de Seddouk, en Basse Kabylie. Puis il ira dans une autre école coranique «Thimaamart» de l’Akfadou où il étudiera durant quatre ans. Grace à lui, les étudiants y suivaient des cours de théologie, et respectaient les traditions du Prophète. Son aura s’étendra bien au-delà des frontières de Bejaïa, ce qui lui vaudra de devenir le guide de la «tarîqa» Rahmanya dans cette région de la Kabylie de la Soummam''.[25]

'' ces agissements furent considérés comme un déni de sa valeur, une limitation effective de son influence et une extension de l'influence française dans les régions qui étaient sous son autorité. Il jugea donc nécessaire de s'empresser de déclarer la guerre sainte. L'initiative fut donc prise en février 1871 au cours d'une réunion importante qu'il a tenue au marché de Sidi Aïssa dans le grand Aumale à laquelle assistèrent les chefs de tribus et où Cheikh El Mokrani appela au déclenchement de la révolution et la proclamation de la guerre sainte, guerre qu'il poursuivit inlassablement jusqu'à sa mort au champ d'honneur, au cours de la bataille d'Oued Soufflat, le 05 mai 1871.''[26] Une chose est sûre est que ses deux hommes de valeur ont payé de leur sang pour avoir «osé» défié durant des années la colonisation française une des grandes puissances du monde.

6-    Les personnages :

6.1-         Définition de la personne et du personnage :

     La représentation  de la personne semble être une donnée essentielle de la fiction romanesque. Elle constitue en tout cas sans conteste «l’un des points de "fixation" traditionnels de la critique (ancienne ou moderne) et des théories de la littérature ».[27] Le personnage cependant n’est qu’un signe particulièrement valorisé par toute une tradition et une conception de la littérature, à l’intérieur d’un code donné, le rouage figuratif assurant le fonctionnement d’un système relationnel.[28]

      On appelle communément l’individu de l’espèce humaine que nous sommes une personne. ''La personne est un être humain, homme ou femme, représenté dans une œuvre de fiction. On pourrait donc définir schématiquement le personnage du roman comme la personne fictive qui remplit un rôle dans le développement romanesque''[29]

6.2-         Les personnages d’Hector Servadac :

     Le capitaine Hector Servadac, qui donne son nom au roman, est le type même du héros positif vernien, à l'esprit ouvert et entreprenant. Il est accompagné de son aide de camp, le savoureux Ben-Zouf. Il deviendra vite le dirigeant de la petite communauté. Autres héros positifs sont ses partenaires, le comte Timascheff et le lieutenant Procope. ''Le personnage est un signe, un être de papier, il présente une personne selon les modalités propres à la fiction. On peut le distinguer par : l’âge, le sexe, la profession, le niveau socioculturel, etc.,…''[30] Le héros, ou l’héroïne, du roman représente celui à qui l’aventure narrée est arrivée. On distingue généralement, selon les critères au demeurant très flous, le personnage principal, héros ou protagonistes. Mais outre ces protagonistes somme toute très conventionnels, deux personnages originaux attirent l'attention. Nous allons essayer de présenter les personnages du roman selon un degré du haut jusqu’au en bas :

6-2-1- Hector Servadac :

     ''Hector Servadac était de nationalité française, né le 19 juillet 1843 à Bordeaux dans la Girande. Un officier d’état major de l’armée française à Mostaganem. Il avait trente ans, orphelin, sans famille ; ambitieux de gloire, quelque peu cerveau brulé, plein de cet esprit naturel toujours prêt à l’attaque comme à la riposte, cœur généreux, courage à toute épreuve. Au physique, Hector Servadac, était un charmant officier : cinq pieds six pouces, élancé, gracieux, chevelure noir à frisons naturels, jolies mains, jolis pieds, moustache galamment troussée, yeux bleus avec un regard franc, en un mot fait pour plaire et dire : plaisant sans avoir trop l’air de s’en douter''.[31] Et pour faire exister le personnage clés dans le roman, le romancier commence par lui donner un nom, et celui-ci semble revêtir une telle importance qu’il est susceptible d’entrer en texte en premier, avant toute description. Le nom n’est pas seulement un moyen commode de repérage et une marque d’unité qui rattache une série d’informations dispersées à un ancrage unique, mais encore un moyen d’imiter la réalité.[32] 

6-2-2- Ben-Zouf : Ce nom pourrait donner à croire que le brave soldat était indigène de l’Algérie. Pas le moins du monde, il était d’origine française de la région de Montmartre. Homme de taille moyenne, au physique dur, il voyageait beaucoup à travers le monde mais il disait : «certes j’ai voyagé tellement à travers le globe, un pays m’a vraiment ébloui l’Algérie dont un paysage unique dans le monde, montagnes, Sahara, la mer, l’agriculture, les maisons,…»[33]

6-2-3- L'astronome Palmyrin Rosette : Ce scientifique autodidacte a quitté son poste de professeur de physique au lycée Charlemagne pour se consacrer à ses recherches qu'il finance lui-même. Bien qu'égocentrique et incompris, il n'est pas le « savant fou », comme dans bien des autres romans de Verne, qui s'oppose à l'humanité. Inoffensif, il vit simplement à coté d'elle. Il est incontestablement un ancêtre du savant Cosinus de Christophe et du professeur Tournesol d'Hergé 1943). Avec son crâne chauve, ses lunettes et sa longue redingote. [34]

6-2-4-Palmyrin Rosette : Astronome et  scientifique autodidacte qui a quitté son poste de professeur de physique au lycée Charlemagne pour se consacrer à ses recherches qu'il finance lui-même. Bien qu'égocentrique et incompris, il n'est pas le «savant fou», comme dans bien des autres romans de Verne, qui s'oppose à l'humanité. Inoffensif, il vit simplement à coté d'elle.[35]

 6-2-5-Le lieutenant Procope : ''Unhomme de trente ans, né sue les terres du comte, fils d’un serf affranchi bien avant le fameux édit du tsar Alexandrie. Excellent marin, ayant appris son métier dans les plus grands bateaux de navigation. Il était très instruit, même en dehors des choses de son métier''.[36]  

6-2-6- Le comte Timascheff: ''Il était un galant homme, de nationalité russe, grand de taille, bonne armure et joli gabarit. Le comte Timascheff  était un homme froid, dont le flegme inaltérable contrastait singulièrement ses décisions''.[37]     

6-2-7-Isaac Hakhabut : Un épicier juif d’origine algérienne, hostile à la Commune, puis antidreyfusard, l’auteur avait certaines des idées conventionnelles de la bourgeoisie catholique de son époque. C'est dans ce contexte qu'il a campé Isaac Hakhabut. Il vendait sa marchandise un peu partout dans le bassin méditerranéen.[38]

     Néanmoins les romanciers qui inventent des personnages ne sont nullement créés, si la création consiste à faire quelque chose de rien. Nos prétendues créatures sont formées d’éléments pris au réel ; nous combinons, avec plus ou moins d’adresse, ce que nous fournissent l’observation des autres hommes et la connaissance que nous avons de nous-mêmes[39]. Les héros de romans naissent du mariage que le romancier contracte avec la réalité. Dans la lecture d’Hector Servadac, certains personnages sont compris pour représenter une qualité ou une abstraction donnée. Plus qu'être simplement des gens, ces personnages représentent quelque chose de plus large et universel. Une autre façon de lire les personnages symboliquement est de voir chacun d'entre eux comme représentatif d'un certain groupe de personnes. Par exemple, symbolise l’homme juif qui pense à ses intérêts avant celles du groupe, lui qui augmente le prix de sa marchandise à chaque fois. [40] A noter aussi que les personnages secondaires ou épisodiques qui apparaissent à l’arrière plan ou de temps en temps dans le roman, et du comparse enfin, personnage dont le rôle se trouve réduit au minimum.

7-   Jules Verne et le patrimoine populaire algérien :

     Jules Verneest un auteur prolifique qui a touché de nombreux lecteurs de par le monde Il n'a jamais fait référence à sous-estimé un peuple ou une nation comme il respectait les indigènes. Il séduit beaucoup de lecteurs grâce a son imagination et ses voyages à travers les différents lieux de la planète, racontant ainsi l’histoire du pays, sa révolution, ses traditions, ses coutumes,…et parmi ces récits : ceux des saints, des mythes, des rites, des épopées,…

7-1-      Les Saints :

     Le saint est un homme sage et pieux, essentiellement pur, une personne qui par ses mérites et ses vertus est reconnue pendant son existence et même après sa more comme digne d’un culte public. ''Personne d’une piété, d’une bonté d’une vie exemplaire et d’un respect immense et le quelle à un rapport avec la religion''.[41] Hector Servadac est ses compagnons traversaient le littoral méditerranéen de l’Algérie et naviguaient sur "La Dobrima" un bateau solidement et admirablement construit ''vingt-quatre heures après avoir quitté l’ile, La Dobrima avait évidemment passé devant les points qu’auraient du occuper, sur la cote algérienne, Tenez, Cherchell, Koleah, Sidi Ferruch. Cependant, pas une de ces villes n’avait apparu dans le champ des lunettes. La mer s’étendait à l’infini, là ou le continent aurait du arrêter ses flots".[42] Or l’équipage qui avait franchi la cote de Cherchell remarqua un ilot ou milieu de la mer, tout le monde descend et Hector Servadac ''remarqua aussitôt une sorte d’édifice de pierre se dressait à la partie supérieure de l’îlot. C’était  un tombeau d’un marabout nommé Sidi Mohamed Ben Ali, un saint qui avait rendu d’énormes services aux populations locales, en les protégeons des ennemis Espagnols, Turcs et Français. ''Quelques instants après, les explorateurs mettaient pied à terre et, sans perdre un instant, ils gravissaient les pentes abruptes de l’îlot qui montaient jusqu’au marabout. Là, ils furent d’abord arrêtés par un mur d’enceinte, incrusté de débris antiques, tels que vases, colonnes, statues, stèles, disposés sans aucun ordre et en dehors de toute préoccupation d’art. Une seconde porte, ouverte aussi, leur permit de pénétrer à l’intérieur du marabout''.

     ''Les murailles en étaient sculptées à la mode arabe, mais ces enjolivures n’avaient aucune valeur. Au milieu de l’unique salle du marabout s’élevait un tombeau d’une grande simplicité. Au-dessus s’épanouissait une énorme lampe d’argent, contenant encore plusieurs litres d’huile, et dans laquelle plongeait  une longue mèche allumée. C’était la lumière de cette lampe qui, pendant la nuit, avait frappé l’œil du capitaine Servadac.''[43] A travers ce récit, Jules Verne fait connaître certaines des merveilleuses légendes illustrant la vie des saints protecteurs des villages ou de la tribu, de ceux particulièrement, qui tout en s’adonnant à la piété, surent prendre leur bonne part à la marche des affaires publiques.

7-2-      Les mythes :     

     Le mythe est une philosophie de l’homme primitif. C’est le premier essai de réponse aux questions générales sur le monde qui se sont imposées à l’esprit humain depuis les temps les plus primitifs et qui continueront de l’occuper jusqu’au dernier moment.[44] André Jolles avait défini le mythe dans son ouvrage intitulé : Formes simples « le mythe est une conception de la vie ; une interprétation de la nature, qui constitue un élément de la religion à un stade déterminé de son évolution et qui est fondée sur l’imagination et sur l’anthropomorphisme »[45]. Continuions sur leur lancée, Hector Servadac et ses amis rendaient visite ou pays des Kabyles sur le littoral de  Port Guidon, un peuple d’indigènes originaire d’Afrique du Nord, toute la contrée était vide, après un instant, surgissait une vieille femme portant sur elle une robe avec beaucoup de couleurs. Le capitaine demandait l’hospitalité au prés de la veille qui leur disait d’attendre le rat de l’eau l’être qui cache le feu. La vieille disait : «Aux temps lointain, un rat d’eau, qu’ils appellent « aradha-b’wamen », vivait dans un îlot au milieu de la mer et avait une grande hutte, où il conservait du feu pour cuire les moules qu’il ramassait dans l’eau. Il gardait jalousement ce feu. Mais, un jour, tandis qu’il était au fond de la rivière à récolter des moules, une étincelle s’envola et fut attrapée par un petit lézard qui vivait à côté des hommes et qui préparait quelques matières inflammable et alluma un feu, grâce auquel il consuma non seulement la maison du rat d’eau mais aussi une vaste  étendue de forêt. C’est pourquoi les plaines d’alentours sont si nues. Et depuis, les hommes gardent toujours un feu après se l’être procuré dans la forêt » [46]

 

Résultats :

 

-         Cette littérature doit rendre compte d'impressions, d'aventures, de l'exploration ou de la conquête de pays lointains.

-         Le récit de voyage peut être aussi cinématographique.

-         Pour l'historien, le récit de voyage est également une source  historique qu'il convient de conceptualiser et d'analyser.

-         Les récits de voyage apportent des éléments précieux pour éclairer l'histoire des relations internationales, l'histoire sociale et politique de régions traversées par le voyageur, voire l'histoire des cultures matérielles, de l'alimentation, des religions etc...

-         Le roman d’Hector Servadac de Jules Verne relève des récits de voyages imaginaires destinés à un lectorat avide d’aventures.

-         Le désir de témoigner et la curiosité des potentiels lecteurs auxquels s’adresse le récit de voyage pousse l’écrivain voyageur ou le voyageur écrivain à être minutieux dans la description de l’ailleurs différent et de l’autre réel étrange ou exotique. Il transmet des émotions, des angoisses, une façon d’appréhender la réalité.

-         Jules Verne a réussi à décrire une Algérie profonde à travers les différents lieux, racontant ainsi l’histoire du pays, sa révolution, ses traditions, ses coutumes,…et parmi ces récits : ceux des saints, des mythes, des rites, des épopées,…

-         Le récit d’Hector Servadac est un roman de science-fiction, l’histoire se déroule dans un autre monde.  On fait également appel à la science pour expliquer les phénomènes décrits dans ce type de roman, un roman de voyages extraordinaires. 

 



[1]- Larousse, Le dictionnaire da la langue française, Librairie Larousse, Paris, 1989, pp 1057-1058.   

[2]- Voir : Blaise Cendrars, Moravagine, Grasset, Paris, 1956, pp 168-168.

[3]- Voir : Versins Pierre, Encyclopédie de l’utopie des voyages extraordinaires et de la science-fiction, L’âge d’homme, 2e édition, 1984, p 1039.  

[4]- James Joker, L'Art du roman, Gallimard, Paris, 1986, p 76. 

[5]- Voir : Jean-Paul Sartre, L’imagination, PUF, 1ere édition, Paris, 1936, pp 7-8.

[6]- Jules Verne, Hector Servadac, Hachette, Paris, 1979, p 533.

[7]- Voir : Jules Verne, Deux ans de vacances, Librairie général française, Paris, 2002, p 502. 

[8]- Voir : Jules Verne, Le château de Carpathes, Librairie général française, Paris, 2009, p 217.

[9]- Voir : Jules Verne, Les tribulations d’un Chinois en Chine, Hachette, Paris, 1968, p 342.

[10]- Voir : Jules Verne, Autour de la lune, Hachette, Paris, 1966, p 342.

[11]- Voir : Jules Verne, L’oncle Robinson, Librairie général française, Paris, 2001, pp 314-315.

[12]- Voir : Gondolo Della Riva Piero, Bibliographie analytique de toutes les œuvres de Jules Verne, 1977, p 179.

[13]- Voir : Jean-Pierre Goldenstein, Lire le roman, Boeck, Bruxelles, 2005, p 106.

[14]- Jules Verne, Hector Servadac, Hachette, Paris, 1979, p 64-79.

[15]- ibid, pp 94-96.

[16]- Jules Verne, op, cit, pp 96-101.

[17]- Jean Hytier, Les romans de l’individu, Armand Colin, Paris, 1967, p 310.

[18]- Mikhaïl Bakhtine, Esthétique et théorie du roman, tr : Daria Olivier, Gallimard, Paris, 1978,     p 395.

[19]- Butor Michel, Le point suprême et l’âge d’or dans à travers quelques œuvres de Jules Verne, Minuit, Paris, 1960, p 194.

[20]- Jules Verne, L’étonnant reportage de Glaudius Bombarnac, Hachette, Paris, 1976, pp 193-197.

[21]- Voir : Jules Verne, Kéraban le têtu, Hachette, Paris, 1976, pp 290-291.

[22]- Voir : Jean-Pierre Goldenstein, op, cit, p 125.

[23]- ibid, pp 125-126.

[24]- Voir : Jean-Pierre Goldenstein, Entrées en littérature, Boeck, Bruxelles, 2002, pp 58-67.

 

[25]- Jules Verne, Hector Servadac, op, cit, pp 144-145

[26]-ibid, pp 145-146.

[27]- Philippe Hamon, Pour un statut sémiologique du personnage "poétique du récit", Seuil, Paris, 2001, p 115.

[28]- Voir : Jean-Pierre Goldenstein, op, cit, p 50.

[29]- Jean-Pierre Goldenstein, ibid, p 49.

[30]- E. Papo et D. Bourgain, Littérature et communication en classe de langue (une initiation à l’analyse du discours littéraire), Hatier, Paris, 1989, p 49.

[31]- Jules Verne, Hector Servadac, op, cit, pp 11-12.

[32]- Voir : Françoise Rullier-Theuret, Approche du roman, Hachette, Paris, 2001, pp 81-82. 

[33]- Jules Verne, Hector Servadac, op, cit, p 14.

[34]- Voir : ibid, p 89.

[35]- Voir : ibid, p71.

[36]- ibid, pp 117-118.

[37]- ibid, pp 82-83.

[38]- Voir : Jules Verne, ibid, pp 217-218.

[39]- Voir : François Mauriac, Le romancier et ses personnages, Poche, Paris, 2007, p 81.

[40]- Voir : Jules Verne, ibid, pp 193-194.

[41]- Dictionnaire de la langue Française, Larousse, Evreux, France, 1990, p 1679.

[42]- Jules Verne, ibid, pp 95-96.

[43]- ibid, pp 108-109.

[44]-Voir : James George Frazer : Mythes sur l’origine du feu, traduction : Michel Drucker, Payot, Paris, 1967, p 6.

[45]- André Jolles : Formes simples, traduction : Antoine Marie Buguet, Seuil, Paris, 1972,  p 77.

[46]- Jules Verne, ibid, 1979, pp 121-113.

 

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