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Étude ethnobotanique de quelques plantes spontanées à caractères médicinales utilisées en médecine traditionnelle dans la région de Ouargla

 HADJADJ Soumia1, BOUKHAZA Imane2, DIBOUNA Mebarka2, ELABED Asma2, MESSAID Sara2 et OULD EL HADJ-KHELIL Aminata1

1. Laboratoire de Protection des Ecosystèmes en Zones Arides et Semi-Arides. Université de Ouargla- Algérie.

2.Université de Ouargla- Algérie.

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Résumé :

une étude ethnobotanique réalisée dans différentes localités de la région de Ouargla. Ces recherches ont été menées en collaboration avec les différents utilisateurs de plantes tels les usagers ordinaires, les herboristes, les tradipraticiens, etc. ce travail a été complété par l’identification de certains groupes chimiques responsables des effets thérapeutiques dans les extraits aqueux des plantes renoncées. Les résultats obtenus ont montré que les espèces ivoiriennes utilisent pour combattre différents pathologies (pathologies digestives, maladies de foie, stérilité féminine, dermatoses, fièvre,…). Diverses parties de la plante sont utilises pour la préparation des recettes médicamenteuses. L’administration orale, qui regroupe la majorité des modes de préparation : infusion, décoction, poudre interne est la plus préconisée. Les tests chimiques préliminaires ont révélé que toutes les plantes renferment des tanins catéchiques, des stérols et polyterpènes, pour les autres métabolites (polyphénols, tanins gallique, flavonoïdes, alcaloïdes, saponosides) les résultats varient d’une plante à l’autre, qui leur confèrent les propriétés thérapeutiques diverses.

1. Introduction

Aujourd’hui encore une majorité de la population mondiale, plus particulièrement dans les pays en voie de développement, se soigne uniquement avec des remèdes traditionnels à base de plantes. L’utilisation des plantes médicinales est encore une des formes de médecine la plus répandue à travers le monde. Elles représentent la seule source de médicaments pour près de 90 % de la population de certains pays d’Afrique [1].

Les plantes médicinales sont importantes pour la recherche pharmacologique et l'élaboration des médicaments, non seulement lorsque les constituants des plantes sont utilisés directement comme agents thérapeutiques, mais aussi comme matières premières pour la synthèse de médicaments ou comme modèles pour les composés pharmacologiquement actifs [2]. Ces plantes médicinales renferment de nombreux principes actifs où certains sont issus du métabolisme secondaire. A cet effet, les métabolites secondaires font l’objet de nombreuses recherches.

 Vu l'importance et l'étendue du champ de recherche sur les plantes médicinales, une étude des plantes spontanées à caractère médicinales du Sahara Septentrional Est- Algérien s'avère nécessaire. Qui a pour but, d’évaluer la phytochimie et l'activité biologique des plantes médicinales algériennes, de préciser les propriétés et valider leurs usages traditionnels et d'isoler des nouveaux composés naturels qui peuvent avoir un intérêt biologiques.

2. Méthodologie de travail

2. 1. Recherche ethnobotanique

Une recherche ethnobotanique auprès des populations (herboristes, guérisseurs, médecins,…) a été effectuée dans différentes localités de la Wilayas de Ouargla du Janvier  à Mars 2011.

 2. 2. Récolte du matériel végétal

Le matériel végétal utilisé dans cette étude, comporte les parties aériennes de plantes récoltées. Les espèces Limoniastrium gyonianium et Tamarix gallica ont été récoltées dans la région de Touggourt à 160 Km de la Willaya de Ouargla, alors que les espèces Ruta tuberculata et Atriplex halimus ont été récoltées respectivement dans la commune de Hassi El f’hel daïra de Metlili, à 45 Km de la Wilaya de Ghardaïa et Hassi Ben Abdallah, à 27 Km de la dans la Willaya de Ouargla. Pour la période de l’échantillonnage, le printemps (Mars 2011) est retenu car c'est la saison où le développement et la diversité floristique sont maximums.

 2. 3. Tests chimiques préliminaires

Les poudres végétales issues des quatre plantes, ont subies différentes réactions chimiques, afin de confirmer la présence ou l’absence de certains métabolites secondaires. Les procédures décrites par CIULEI (1982) [3]ont été utilisées pour la mise en évidence des déférents groupes chimiques.

 3. Résultats préliminaires

Dans le tableau 01 sont rassemblés les résultats de l’enquête ethnobotanique menée dans les différentes localités de la région de Ouargla, auprès de la population connaissant leur usage.  De façon générale, les espèces inventoriées sont utilisées en pharmacopée traditionnelle, en majorités dans le traitement des pathologies digestives (indigestion, constipation, maux d’estomac) et des maladies de foie. Par ailleurs, certaines de ces plantes sont utilisées en pharmacopée traditionnelle pour leurs activités antinflammatoire, pour le traitement des pathologies à composantes inflammatoires (fièvre, douleurs dentaires), antibactériennes et anti-infectieuses (maux d’oreille, affection du voie urinaire, maladies de la peau), anticancéreuse et antilithiasique.

Parmi les espèces les plus utilisées dans les traitements des maladies affectant l’appareil digestif, on note l’utilisation massive de Tamarix gallica, Ruta tuberculata et Atriplex halimus.

Ces espèces, bien connues par la population locale, pousse spontanément dans la région étudiée et est très utilisée comme antispasmodique et dans les maux d’estomac surtout dans le ballonnement, l’aigreur … etc. Les données moyennes concernant l’espèce, Limoniastrium gyonianium peut être expliquée par le fait que cette plante est soit mal connue ou leurs actions thérapeutiques ne sont pas encore bien identifiées. 

L’administration orale, qui regroupe la majorité des modes de préparation ; infusion, décoction, poudre interne, est la plus connue et la plus préconisée. Ce sont des règles qui répondent au mode de traitement des pathologies les plus rencontrées dans cette région [4]. Cependant, aucune dose n’a été déterminée ni par les utilisateurs ni les herboristes. Ceci pourrait être à l’origine d’un sou ou sur utilisation des principes actifs.

D’après la bibliographie, l’infusion qui s’applique aux organes délicats de la plante (feuilles, sommités fleuries et fleurs) est le mode de préparation qui préserve à la plante leurs principes actifs, alors que pour les organes durs et compacts (bois, écorces, tiges, rameaux et racines) qui ne délivrent leurs principes actifs que sous l’action prolongée de la chaleur. La décoction est le mode de préparation bénéfique afin d’extraire une quantité maximale des principes actifs.

 

Tableau 01: Plantes et indications thérapeutiques

Les tests de criblage des groupes chimiques responsables des effets thérapeutiques réalisés sur les plantes, ont donné les résultats que nous présentons dans le tableau 02. Nous notons la présence des tanins catéchiques et des stérols et polyterpènes dans toutes les plantes, pour les autres métabolites (polyphénols, tanins gallique, flavonoïdes, alcaloïdes, saponosides) les résultats varient d’une plante à l’autre. 

Les tanins catéchiques et les stérols et polyterpènes ont des propriétés bactéricides, ce qui serait en faveur de l’emploi de plantes contre les maladies infectieuses (maladies digestives, maladie de la voie urinaire...).

 4. Conclusion

Les investigations ethnobotaniques menées dans la région de Ouargla, montrent que les quatre espèces recensées sont utilisées, sous différentes formes de préparations médicinales, dans la lutte contre divers pathologies (céphalées, diabète, fièvre, stérilité féminine,…). Les effets thérapeutiques sont induits par divers composés chimiques (polyphénols, flavonoïdes, alcaloïdes, stérols et polyterpènes,…) qui constituent la base scientifiques de l’utilisation thérapeutique traditionnelle des plantes étudiées.

 5. Références bibliographies

  1. COGNE ANNE -LAURE. 2002. Phytochemical investigation of plants used in African traditional medicine: dioscorea sylvatica, Urginea altissima, Jamesbrittenia fodina and Jamesbrittenia. egantissima. Thèse de doctorat.
  2. AMEENAH GURIB-FAKIM . 2006. Medicinal plants: Traditions of yesterday and drugs of tomorrow Molecular Aspects of Medicine, Volume 27, Issue 1, 1-93.
  3. MARCY J. BALUNS  and A. DOUGLAS  KINGHOM. 2005. Drug discovery from medicinal plants. Life Sciences, Volume 78, 431-441.
  4. CIULEI I. 1982. Methodology of analysis of vegetable drug. Practical manual on industrial utilization of medicinal and aromatic plants. Edited by the Ministry of chemical industry. Bucarset. 16-27.
  5. OULD EL HADJ M. D, HADJ-MAHAMMED M., ZABEIROU H. 2003. place des plantes spontanées dans la maladie traditionnel de la région de ouargla Sahra Septentrional Est. Courrier du savoir, N° 03, 47-51.

 

 

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