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BIOECOLOGIE DE QUELQUES ESPECES DE MANTODEA DANS LA REGION D’OUARGLA (SAHARA ALGERIEN)

 

 

Raouf KORICHI1,* & Salaheddine DOUMANDJI2

1 Département des Sciences Agronomiques. Université KASDI Merbah, Ouargla.

2 Département de zoologie agricole et forestière. École Nationale Supérieure d’Agronomie d’El Harrach, Alger.

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ملخص: تم إحصاء أنواع السراعيف بالإضافة إلى دراسة النشاط الغذائي بمنطقة ورقلة (الصحراء) هذا الإحصاء سمح بإيجاد 9 أنواع من السراعيف تنتمي إلى 3 عائلات. معظم هذه الأنواع تعيش في بساتين النخيل.. إن تحليل البراز سمح بالتعرف على النشاط الغذائي للسراعيف في الوسط المدروس ثم دراسة وفرة مخزون الفرائس، مقارنة الأنماط الغذائية لـ 8 أنواع من Mantodea أكد الميول الواضح لاستهلاك الحشرات. بالنسبة لـ Mantis religiosa تمثل ثنائيات الأجنحة (35,7 %) والممثلة بـ Cyclorrhapha ومستقيمات الأجنحة (35,7%) الحشرات الأكثر استهلاكا يتراوح مؤش التنوع Shannon – Weaver (H`) ما بين 0 و 1,84 Bits. أما فيما يتعلق بـ  Iris oratoria فمحتوى وجبتها الغذائية يتكون.  بنسبة 58,6% من مستقيمات الأجنحة من بينها عائلة Acrididae    (63,6%) بالإظافة إلى ثنائيات الأجنحة (20.6%) و المتمثلة ب   Cyclorrhapha(17.1%). أن مؤشر التنوع  محصور ما بين 0,81 و 1,83 Bits . دراسة النمط الغذائي لهذه الأنواع من السراعيف بين طابعها العام. تشابه التكوين الغذائي ..

 


 

كلمات دالة :ا لنمط الغذائي،منطقة ورقلة،الصحراء،البيئة، السراعيف.

 

RÉSUMÉ : Un recensement de 9 espèces (3 familles) de mantes est fait dans la région d’Ouargla (Sahara septentrional Est-Algérien) La plupart vivent en palmeraie où les insectes sont les plus abondants. L’activité trophique des Mantodea est réalisée grâce à l’analyse des contenus de leurs excréments. Sur le terrain les disponibilités en proies potentielles sont étudiées. La comparaison des régimes alimentaires de 8 espèces de mantes confirme leur forte insectivorie. Pour Mantis religiosa, les Diptera (35,7 %) représentés par des Cyclorrhapha et les Orthoptera (35,7 %) sont les plus ingurgités correspondant à un indice de diversité de Shannon-Weaver (H’) qui varie entre 0 et 1,84 bits. Quant à Iris oratoria, 58,6 % de son régime alimentaire est formé par des Orthoptera dont 63,6 % d’Acrididae. Les Diptera (20,6 %) avec des Cyclorrhapha (17,1 %) sont également ingurgités. L’indice H' des proies d’Iris oratoria fluctue entre 0,81 à 1,83 bits. De ce fait les espèces étudiées sont généralistes en terme de régime trophique. Une ressemblance entre les régimes trophiques des espèces de mantes est notée.  

 


 

MOTS CLES : Mantodea, régime alimentaire, équilibre écologique, Sahara algérien.

 

ABSTRACT: An inventory and survey of 9 species (3 families) of mantis has been conducted in the area of Ouargla (East-septentrional Sahara) they live in palm grove. The activity of nutrition has been done after the analysis of the excrements.The availability of prey has been review in the field. The alimentary diet of 8 species mantis has confirmed their high insectivory. For Mantis religiosa, the Diptera (35,7%) represented by the cyclorrhapha and the Orthoptera (35,7 %) are the most gulp down accorded to Shannon-Weaver’s (H’) diversity indicator who is between 0 and 1,84 bits. For Iris Oratoria, 58,6 % his alimentary diet is 58,6 % of Orthoptera and 63,6 % of Acridiae. Diptera (20,6 %) with Cyclorrhapha (17,1 %) has been also widely consumed, H’ of Iris oratoria is between 0,81 and 1,83 bits. Concerning the alimentary diet for those species, there is a similarity, most of them have general regimen.


KEYWORDS :Mantodea, alimentary diet, ecological equilibrium, Algerian Sahara.

 

 

1. INTRODUCTION

De tous temps, les agriculteurs se sont trouvés confrontées aux ravages causés notamment par  les insectes. Disposant d’armes chimiques de plus en plus efficaces, l’homme croyait avoir gagné la guerre contre les insectes. Pourtant, ils sont chaque jour plus nombreux à résister (PERROT, 1996). Certaines espèces d’insectes deviennent nuisibles parce que les dégâts qu’elles commettent pour subsister deviennent économiquement intolérables pour l’espèce humaine. Au moins un quart des espèces d’insectes sont prédatrices ou parasites d’autres insectes et quelques-unes sont élevées pour combattre l’expansion des espèces indésirables dans les cultures (GAVIN, 2000). En effet, les insectes par leur diversité biologique et trophique, par leur pouvoir de multiplication, sont des maillons très fonctionnels des chaînes trophiques et contribuent à l’équilibre de l’écosystème. Par ailleurs, chaque ravageur est accompagné d’un cortège d’ennemis naturels qui régulent les populations et constituent des auxiliaires pour l’homme. Certains d’entre eux sont très sensibles aux produits chimiques et peuvent être détruits, ce qui entraîne des déséquilibres naturels (HAWLITZY & ZAGATTI, 1987). C’est justement parce que les insectes sont garants de la survie des écosystèmes que la destruction inconsidérée de certaines espèces dites nuisibles peut rompre le délicat équilibre des chaînes biologiques (RICOU, 1987). Dans ce but, la lutte biologique utilisera des prédateurs. En maintenant les populations des ravageurs à un niveau bas, les insectes prédateurs contribuent dans une large mesure à la sauvegarde de l’équilibre des écosystèmes de zones arides. Ces écosystèmes sont tout à fait particuliers et originaux, tant du point de vue de la flore que de la faune, et qui sont de fait parfaitement adaptés à des conditions climatiques difficiles (JAUFFERT, 2007). Les Mantodea ou mantes font partie de ces insectes hautement prédateurs. Elles constituent de ce fait un intérêt pour l’agriculture. Si la diversité des formes de ces insectes est connue, celle de leurs biotopes, de leurs fonctions dans les systèmes écologiques et de leurs régimes alimentaires l’est beaucoup moins. Peu de travaux ont été effectués sur le régime alimentaire des mantes. De ce fait, il devient intéressant de connaitre les performances de ses auxiliaires prédateurs en essayant de savoir quelles pourraient être les proies préférées des mantes dans quelques biotopes sahariens.

 

2. METHODES 

L’échantillonnage des mantes est réalisé dans différents biotopes de la région d’Ouargla (Sud-Est Algérien), située dans la vallée de l’Oued Mya à une altitude de 157 m (5° 20’ E. ; 31° 58’ N.). Appartenant à l’étage bioclimatique saharien à hiver doux, le climat d’Ouargla est particulièrement rude et contrasté. La période sèche s’étale sur toute l’année. Le type de végétation de la vallée de l’oued Mya varie selon la structure physique de la zone. Le choix des stations d’étude est dicté par la nature du milieu, qu’il soit naturel ou cultivé. Les stations prises en considération sont au nombre de huit dont quatre représentant des milieux naturels, soit une formation dunaire, un chott, une sebkha (Ain Beida), un reg et quatre autres concernant des milieux cultivés, soit un pivot (Hassi Ben Abdallah), deux palmeraies entretenues (Mekhadma et Ksar) et une autre délaissée (Bala). Pour chacune des stations étudiées et afin de permettre une caractérisation de la physionomie du paysage, la structure de la végétation et le taux de recouvrement du sol par les plantes, un transect végétal est établie sur une aire d’échantillonnage de  500 m2. Ce choix implique une variabilité floristique et faunistique. Ce contraste sert à connaître la répartition des mantes en fonction de la nature de ces milieux. L’échantillonnage des mantes  larves et imagos et de leurs excréments s’est échelonné sur 14 mois couvrant ainsi toutes les saisons. Les mantes sont essentiellement chassées, in Situ, soit à vue,  soit à l’aide du filet fauchoir, placées aussitôt et séparément dans un sachet en matière plastique, dans un bocal ou dans une boîte de Pétri. Leurs excréments sont récupérés et conservés. Parallèlement à la capture des mantes, différentes techniques sont employées pour la capture des proies (pots Barber, fauchage, et quadrats). Au niveau du laboratoire, la tache consiste en l’analyse des excréments des mantes où trois phases constituent le mode opératoire. Ce sont la macération par voie alcoolique humide, la trituration et la dispersion des fragments sclérotinisés présents dans les excréments. La détermination des espèces-proies ingérées intervient par la suite. Les risques de confusion et d’erreurs de détermination des proies ne sont pas faibles. Très souvent on se contente de l’ordre ou de la famille. Il est plus rare d’aboutir à l’espèce ou au genre. A partir du fragment trouvé, il est possible de tenter d’estimer la taille de la proie. La qualité d’échantillonnage est appliquée aux espèces de Mantodea capturées dans les stations d'étude. Les résultats obtenus relatifs aux espèces-proies consommées par les mantes, sont exploités grâce à l’utilisation de la qualité d’échantillonnage et aux indices écologiques de composition et de structure.

 

3. RESULTATS 

Cette partie est consacrée à l’inventaire des mantes, à leurs régimes trophiques appliqués aux espèces de mantes capturées dans la région d’Ouargla.

 

3. 1. Inventaire spécifique des Mantodea

Les captures effectuées dans les différents écosystèmes de la région d'étude montrent l’existence de 9 espèces de Mantoptera (Tab. 1). Elles sont réparties entre 8 genres.

 

Tableau 1 : Inventaire des Mantodea dans la région d’Ouargla d’octobre 2002 à novembre 2003. [Inventory of Mantodea in the region of Ouargla from october 2002 to november 2003]

Ordre

Sous-ordre

Famille

Sous-famille

Espèce

Dictyoptera

Mantodea

Mantidae

Mantinae

Sphodromantis viridis Forskål, 1775

Rivetina fasciata Thunberg, 1815

Iris oratoria Linné, 1758

Mantis religiosa

Liturgusinae

Elaea marchali pallida Chopard, 1941

Empusidae

Empusinae

Empusa guttula Thunberg, 1815

Blepharodinae

Blepharopsis mendica

Thespidae

Thespinae

Amblythespis lemoroi Finot, 1893

Amblythespis granulata

Total

3

5

9

 

Ces espèces appartiennent à 3 familles de Mantodea. Les Mantidae, les Empusidae et les Thespidae. Les différents biotopes de cette étude ne présentent pas la même richesse en espèces de mantes. A cet effet le biotope le mieux représenté apparaît celui de la palmeraie avec 9 espèces. L’effet oasis qu’offre la palmeraie grâce à sa diversité floristique et ses conditions climatiques clémentes attire ainsi toutes sortes d’insectes et permet d’avoir une plus grande disponibilité en proies vivantes pour les mantes.Notons que les Empusidae, avec deux espèces se retrouvent exclusivement dans la palmeraie.

 

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