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VARIATION DU REGIME ALIMENTAIRE DE LA CIGOGNE BLANCHE CICONIA CICONIA L. 1758 (AVES, CICONIIDAE) DANS DEUX LOCALITES DE LA REGION DE BATNA

 

 

Nawel BOUKHTACHE1,* & Abdelkrim SI BACHIR2

 

1  Département d’Agronomie, faculté des Sciences, université El Hadj Lakhdar – Batna.

2  Département de Biologie, faculté des Sciences, université El Hadj Lakhdar – Batna.

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RÉSUMÉ: L'étude de la variation du régime alimentaire de la Cigogne banche, Ciconia ciconia, dans la région de Batna est basée sur la décortication des pelotes de réjection. En 2007, au cours du séjour de nidification de la Cigogne blanche dans la région de Batna (de la fin janvier à la fin juillet), nous avons régulièrement collecté des pelotes de réjection sous les nids des deux plus importantes colonies de la région, sises à El Madher et à Merouana.  Dans les deux zones d'étude, la Cigogne blanche consomme un large éventail de proies, tant invertébrées que vertébrées. Ce sont principalement les Orthoptères (50,75 %), les Coléoptères (40,84 %), les Dermaptères (6,95 %) et les Hyménoptères (0,49 %), parmi les insectes et les Reptiles et micromammifères, parmi les vertébrés qui sont les plus représentés en termes de diversité des proies.  La plus grande consommation concerne les Coléoptères dans la zone d'El Madher avec 56,26 % du total des proies ingérées, suivis par les Orthoptères (30,1 %) et les Dermaptères (11,7 %). Par contre, à Merouana, c'est l'ordre des Orthoptères qui domine avec 75,4 %, suivi par les Coléoptères avec 22,5 %.  Les taux d'abondance en nombre des Coléoptères et des Orthoptères varient généralement d'une façon inverse au cours des différents mois. Quand les Coléoptères viennent à manquer, ils sont substitués par les Orthoptères. En fonction des périodes phénologiques, les Coléoptères avec 51,35 % du total des items consommés sont les plus représentés. Ils sont suivis par les Orthoptères (38,02 %) et les Dermaptères (8,54 %). En période hors reproductrice, se sont les Orthoptères qui dominent avec 67,14 % suivis par les Coléoptères (27,29 %) et les Dermaptères (4,89 %).


MOTS-CLES : Batna, Ciconia ciconia, Cigogne blanche, El Madher, Merouana, Insectes, Régime alimentaire.

 

ABSTRACT: The study of variation of white Stork Ciconia ciconia diet in the region of Batna is based on decortication of pellets of rejection. In 2007, during the nesting period of White Stork (late January to late July), we regularly collected pellets in the nests of the two largest colonies of the region, situated at El Madher and Merouana.  In both colonies, White Stork consumes a wide range of prey, invertebrates and vertebrates. Orthoptera, Coleoptera, Dermaptera and Hymenoptera, among insects and reptiles and small mammals among vertebrates, are most represented in terms of diversity of prey.  A greater consumption of Coleoptera is observed in the area of El Madher with 56.2% of total prey ingested, followed by Orthoptera (30.1%) and Dermaptera (11.7%). Whereas, at Merouana, Orthoptera dominate with 75.4%, followed by Coleoptera with 22.5%.  The abundance in number of Coleoptera and Orthoptera generally vary inversely during different months. When Coleoptera are missing, they are substituted by Orthoptera. Depending on the phenological periods, Coleoptera with a frequency number of 51.35% are the most represented in reproductive period. They are followed by Orthoptera (38.02%) and Dermaptera (8.54%). Over this period, Orthoptera dominate with 67.14%, followed by Coleoptera (27.29%) and Dermaptera (4.89%).


KEYWORDS: Batna, Ciconia ciconia, White Stork, El Madher, Merouana, Insects, Diet.

 

1. INTRODUCTION

La Cigogne blanche Ciconia ciconia L. 1758 est une espèce commune dans la région de Batna (Heim De Balsac et Mayaud, 1962 ; Etchecopar et Hüe, 1964). Dans cette région une seule étude a été faite sur sa bio-écologie par Djeddou et Bada (2006). Dans le but d’avoir une idée plus claire sur le régime alimentaire de cette espèce, nous avons opté à l’étudier dans deux zones différentes de cette région, à El Madher située à l’est de la ville de Batna et à Merouana située au nord ouest.

Dans cette étude, nous avons élucidé la variation du régime alimentaire de cet échassier dans ces deux zones d’étude, en fonction des mois du séjour de nidification de l’espèce et en fonction de ses périodes phénologiques.

 

2. MÉTHODE D’ETUDE

2.1. Présentation générale de la région de Batna et des deux colonies d’étude (El Madher et Merouana)

        La wilaya de Batna est localisée dans la partie orientale de l’Algérie entre les 4° et 7° de longitude Est et 35° et 36° de latitude Nord.  D’une Superficie de 12.038,76 km2,le territoire de la wilaya de Batna s’inscrit presque entièrement dans l’ensemble physique constitué par la jonction de deux Atlas Tellien et Saharien ce qui représente la particularité physique principale de la région et détermine, de ce fait, les caractères du climat qui est de type semi-aride à hiver frais (Anonyme, 2005). La collecte des pelotes est réalisée sous les nids des colonies d'El Madhert et de Merouana. La colonie d'El Madher est une colonie monospécifique construite dans une ferme distante de 7 km à l’ouest du village d’El Madher. Cette colonie est composée de 16 nids construits sur une maison de premier étage à toiture en tuiles et sur des poteaux électriques en béton de 8 m de hauteur.

La colonie de Merouana est une colonie mixte de cigognes blanches et de hérons garde-bœufs Ardea ibis. Les cigognes étudiées ont construit leurs nids, sur trois arbres de Pin d'Alep (Pinus halepensis) et trois Cyprès (Cupressus sempervirens)plantés dans la cours de la mairie de Merouana et dans la cours d'une entreprise privée (Société de réalisation et services Merouana "RSM") qui sont limitrophes.

 

2.2. Collecte et conservation des pelotes 

  Pendant la période de séjour de nidification de la Cigogne blanche en l’an 2007, nous avons collecté un total de 136 pelotes de cigognes, dont 92 pelotes de la colonie d’El Madher et 44 pelotes de la colonie de Merouana. La collecte des pelotes est faite avec une fréquence régulière d’une à trois fois par mois, avec des lots variant entre 2 et 18 pelotes. Le nombre important des pelotes collectées dans la zone d’El Madher revient au fait que l’accès aux nids s’est fait grâce à un camion-échelle.

Les pelotes récoltées sont conservées dans des cornets en papier et mises dans des sachets portant une étiquette sur laquelle sont mentionnées la date et la région. Du total des pelotes collectées, 96 ont fait objet de trituration dont 58 collectées à El Madher et 38 à Merouana.

 

2.3. Macération des pelotes par voie humide

  Une fois au laboratoire, les pelotes collectées sont déshydratées à 120 °C pendant 24 h dans une étuve pour éviter l’effet des moisissures qui gênerait leur analyse et tout risque d’infection par des microorganismes pathogènes (Doumandji et Setbel, 2001). Chaque pelote est ensuite macérée séparément dans une boite de Pétri contenant de l’eau additionnée de quelques gouttes d’alcool pour aseptiser le milieu et éviter les mauvaises odeurs. A l’aide de pinces entomologiques et sous une loupe binoculaire, sont séparés les différents fragments que contient la pelote triturée (têtes, thorax, élytres, pattes, fémurs, mandibules, écailles, agglomérat de poils, …) et mis dans une autre boite de Pétri sur laquelle sont mentionnées les indications du numéro de la pelote, la date et la région de collecte.

 

2.4. Détermination et comptage des items 

  L'identification des proies invertébrées, notamment celle des insectes, repose sur la reconnaissance simultanée de plusieurs fragments chitineux comme les têtes, les thorax, les élytres, les cerques, les fémurs, les tibias et les mandibules. Le nombre d'individus de chaque espèce est déterminé principalement par le nombre de têtes ou de thorax. Aussi, lors du comptage des élytres, des mandibules et des cerques, le nombre d'appendices gauches et droits est pris en considération (Boukhemza, 2000 ; Si Bachir, 2007).

Pour les proies non entomologiques, les coquilles restent le seul critère d’identification des mollusques, la présence de plusieurs apex de coquilles permet de compter le nombre d’individus. Les arachnides se différencient des autres classes par la présence d'un céphalothorax muni de chélicères, de pédipalpes et de pinces (Vachon, 1952). Les myriapodes sont reconnaissables grâce au nombre important des pattes portées par l'abdomen et des mandibules fines et pointues.

Pour les batraciens, les reptiles et les mammifères, la présence respectivement d’un tégument, d’une écaille ou d’un agglomérat de poils correspond à un individu (Boukhemza, 2000 ; Si Bachir, 2007).

 

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