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L’état phytosanitaire des palmeraies algériennes,

principaux axes de recherche/développement à prendre en charge

 

 TIRICHINE

Ingénieur d’état en Agronomie, Inspecteur phytosanitaire principal, Expert en phoeniciculture et Agriculteur

Ghardaïa

 

En Algérie, la phoeniciculture connaît actuellement une intense activité et ce depuis plus de deux décennies ; malgré une situation phytosanitaire jugée parfois préoccupante. En effet, depuis la promulgation de la loi n° 83-18 du 13.8.83 portant accession à la propriété foncière agricole, et la mise en œuvre successive d’importants programmes de développement, le secteur de la phoeniciculture enregistre de profondes mutations. La datte est officiellement reconnue comme un produit stratégique et la culture du palmier dattier peut être considérée à juste titre comme une activité de rente.

Actuellement l’Algérie compte parmi les plus importants pays producteurs de dattes dans le monde. Le patrimoine phoenicicole est actuellement évalué à plus de 18 millions de pieds avec une production annuelle moyenne de l’ordre de 450 000 tonnes. Notre production dattière est renommée de par le monde à travers la "deglet-nour", variété noble, excellente datte de bouche très prisée sur les marchés mondiaux.

Le milieu agricole oasien, de part sa structure et la gamme très diversifiée des espèces végétales présentes ; constitue un milieu extrêmement favorable à la prolifération de certains bio-agresseurs (Ravageurs et Maladies). Leur identification, la connaissance de leur cycle biologique et la maitrise des techniques de diagnostic et de lutte sont d’une importance particulière pour les cadres techniques chargés de la protection des cultures, les agents du développement agricoles ; il en est de même et dans une certaine mesure pour les agriculteurs. 

Le milieu agricole oasien demeure encore peu pollué compte tenu du faible niveau d’utilisation des pesticides par les agriculteurs. Les dattes produites au cas où elles sont indemnes de bio-agresseurs peuvent être assimilées à des produits "bio" de terroir.  Cette situation peut être considérée comme un atout non négligeable, à la condition de maintenir les interventions phytosanitaires à des niveaux tolérables pour le milieu vivant  (végétal, animal et humain).

Parmi les ravageurs en présence, nous citerons particulièrement : La Pyrale Ectomyelois ceratoniae Zell, l’acarien Olygonichus afrasiaticus McGr et enfin la cochenille Parlatoria blanchardi Targ. Leur  importance économique varie d’une année à l’autre en fonction des conditions agro-climatiques et surtout du niveau de prévention et de protection phytosanitaire assuré.

 

Parmi les maladies inféodées au palmier dattier, nous citerons essentiellement : Un organisme nuisible de quarantaine Fusarium oxysporum f.sp.albedinis, agent causal de la maladie du bayoud ; d’autres maladies telles que le khamedj ou pourriture des inflorescences et enfin la pourriture des fruits causée par divers organismes phytopathogènes tels que : Alternaria sp. , Aspergillus sp. , etc.

 

Dans ce contexte, nous n’omettrons pas de signaler :

 

Un phénomène qui commence à prendre de l’ampleur dénommé "maladie des feuilles cassantes" dont les symptômes sont associés à un déséquilibre nutritionnel, particulièrement en manganèse.

 

Un ravageur actuellement présent au niveau de certains pays du bassin méditerranéen (Espagne - Italie - Maroc), mais non signalé en Algérie ; il s’agit d’un coléoptère de la famille des Curculionidae : Rhynchophorus ferrugineus Oliv

 

L’importance économique des différents bio-agresseurs du palmier dattier diffère d’un problème à un autre. Depuis son apparition au cours du 19ème siècle, le Bayoud a causé la mort de plus de 18 millions de palmiers dattiers en Afrique du nord. En Algérie, l’avancée du Bayoud est évidente à l’intérieur des wilayate contaminées et le front actuel de progression de la maladie se situe au niveau de la wilaya de Ghardaïa. Les effets de la maladie sont néfastes et surtout irrémédiables et c’est l’ensemble du patrimoine phoenicicole mondial qui est menacé et son avenir sérieusement compromis.

 

Les pertes de récoltes occasionnées par les autres maladies et ravageurs sont importantes, elles peuvent atteindre un seuil cumulé alarmant allant parfois jusqu’à 40% des prévisions de productions brutes totales, et parfois même dépasser ce seuil. 

 

Par ailleurs, l’impact économique et social de ces bio agresseurs est évidemment très préoccupant, cependant peu d’études ont été réalisées sur ce thème.

 

Un travail de réflexion est nécessaire pour situer les priorités et les urgences et surtout choisir et adapter à la phoeniciculture les différents concepts de prévention et de lutte, économiquement intéressants, techniquement efficaces, surs en matière de préservation de l’équilibre des différents écosystèmes oasiens (concepts de l’I.P.M).

 

La recherche scientifique exerce un rôle de 1er plan dans ce domaine. Certains résultats obtenus et publiés sont là ; leur adaptation aux réalités du terrain permettrait de consolider et d’arrêter l’érosion des savoirs faire phoenicicoles et assurerait aux productions dattières, un saut quantitatif et qualitatif certain. En outre, d’autres axes de recherche doivent être pris en charge par les différents acteurs de la Recherche et ceux du Développement ; nous essaierons d’en faire le point.

 

Mots clés : Phoeniciculture, profondes mutations, la datte produit stratégique, le milieu agricole oasien, prolifération de certains bio-agresseurs, l’importance économique des bio-agresseurs, concepts de l’I.P.M, La datte oasienne produit bio de terroir.

 

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